Alfred Joubert

Élements biographiques

Alfred Joubert,  La maison des caresses (1906)

“ Il s'attarde aux piliers cerclés de roses fraîches, Quand Apollon vainqueur, en la pourpre des soirs, Dans le miel de l'Hymette ensoleille ses flèches Et burine les lys comme des encensoirs.
Mais quand le dieu se meurt en sa robe de sacre, Quand du baiser du jour naît l'âme de la nuit, Quand la rose du sang, au chapiteau de nacre, Caresse le silence et parfume le bruit,
Il descend le sentier d'acanthe et de verveine Qui va du mont sacré jusqu'au rivage noir, Et je sens bouillonner dans l'orgueil de ma veine Comme un flux fabuleux la splendeur de l'Espoir.
”
Source : Gallica

Alfred Joubert,  La maison des caresses (1906)

“ POURQUOI n'es-tu que femme et n'es-tu pas déesse?
Ton flanc n'est pas de ceux qui doivent se plier, Ton corps n'est-il pas fait pour plaire et pour briller, Caressé de parfums et vêtu de paresse?
Et pourquoi les bijoux et pourquoi les velours?
Dieu n'a-t-il pas en toi mis l'au-delà des choses, Et dans l'or du soleil filtré le sang des roses Pour dorer ton échine et pourprer tes seins lourds.
Tu ne devrais jamais abaisser ta paupière Sur l'homme scrofuleux au pitoyable amour.
Tu devrais être nue en la splendeur du jour Comme un pur diamant enchâssé de lumière.
”
Source : Gallica

Alfred Joubert,  La maison des caresses (1906)

“ Des moires de rubis que nacrent des guipures Passent, très lentement, sur les flots irisés; Dans les vents paresseux saignent les .roses mûres, Et la terre s'éveille en un bruit de baisers.
La Déesse alanguie ouvre ses grands yeux calmes, Et, sur les îles d'or, penchant ses seins d'émail, Répond, en agitant les franges de ses palmes, A l'aube qui sourit sous son rose éventail.
Et soudain le décor s'illumine et s'embrase Dans une monstrueuse et pourpre floraison, Et le soleil levant sur la mer de topaze Semble un palais de feu qui flambe à l'horizon.
”
Source : Gallica

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