Pierre de Coubertin

Pierre de Coubertin

Résumé

Portrait de Pierre de Coubertin Pierre de Coubertin La Cure d’aviron

« Psychiquement (qu’on m’excuse de citer encore ma propre prose) le rameur est joyeux de se sentir une machine pensante et d’éprouver à chaque coup d’aviron comment la force se forme en lui, se répand et s’écoule ». Cette machine a beaucoup à faire, car elle a charge de se surveiller elle-même. Aucun sport, à mon avis, n’exige une surveillance de soi-même aussi continue et aussi minutieuse. S’il se fondait un couvent ultra-moderne, je conseillerais au prieur d’établir l’aviron obligatoire comme entraînement à l’examen de conscience.
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Portrait de Pierre de Coubertin Pierre de Coubertin La Cure d’aviron

Le débutant est fort occupé à empêcher ses coudes de menacer le ciel au lieu de demeurer le long de son corps et ses pelles d’aviron de décrire d’énormes ellipses au lieu de rester en contact avec l’eau ; il a grand’peine à ne pas donner des coups de reins les bras raccourcis et à saisir cette alternance d’effort et de détente (easy, easy, disent les Anglais) qui est l’essence du rythme et le point de départ de tout progrès. Mais le bon rameur n’a guère moins à faire.
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Portrait de Pierre de Coubertin Pierre de Coubertin La Cure d’aviron

Le rameur sportif est incité même inconsciemment par la double tendance qui anime toute activité inspirée par le sport : tendance à la vitesse et tendance à la durée, aspiration à la rapidité et aspiration à l’endurance. Le sportif enclin à poursuivre les deux buts et obligé pourtant de choisir, s’y résigne généralement d’après ses capacités et la qualité de son élan. Or, celui qui veut faire la cure d’aviron doit également se méfier des deux tendances : ni temps ni distance ne doivent l’occuper.
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