Résumé

Th. de Wyzewa Revues étrangères. — L’Éducation du roi de Rome

En vain le petit prince ouvrait sur Dietrichstein ses beaux yeux bleus, pleins de tendresse et d’ingénuité : le gouverneur n’en était que plus ardent à vouloir le sauver de la damnation. Tandis que Metternich, en dirigeant l’éducation de l’enfant « dans des voies éclairées, » ne voyait que le danger qui pourrait résulter pour l’Europe d’un second Napoléon, Dietrichstein, plus humain, s’effrayait du danger qui en résulterait sûrement pour l’enfant lui-même.
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De tout son cœur, il aspirait à aimer. Jamais Dietrichstein ni Foresti ne le surprirent à leur garder rancune des paroles sévères qu’ils lui adressaient. « Bien que le comte Dietrichstein l’ait traité très durement, nous dit M. Wertheimer, bien qu’il l’ail souvent blâmé et puni avec une rigueur excessive jusqu’à l’injustice, le duc de Reichstadt n’a point cessé, jusqu’au bout, de témoigner à son gouverneur la reconnaissance la plus affectueuse. » « Rien n’effacera de mon cœur la gratitude que j’ai pour vous ! »
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Peu à peu, la gaité s’en va, les chants se taisent, le rire devient plus rare. Peu à peu, le petit prince, lorsque ses maîtres lui parlent, détourne la tête et baisse les yeux. Il apprend à se méfier, à craindre, à haïr. Au lieu de l’enfant expansif et doux qu’avait trouvé Foresti, quand il avait été appelé auprès de lui, Obenaus, en 1824, trouve un élève « sournois, entêté, méchant. » Et Dietrichstein, vers le même temps, note dans son Journal que le manque de franchise du prince à son égard lui ulcère le cœur. L’excellent homme avait évidemment trop présumé des possibilités de la pédagogie.
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