Résumé

Portrait de Albert Sorel Albert Sorel Un confident du prince de Metternich…

Il savait bien que les Bourbons feraient tout au monde pour l’en empêcher. « En Italie, disaient quelques mois plus tard les instructions de Louis XVIII à Talleyrand, en Italie, c’est l’Autriche qu’il faut empêcher de dominer, en opposant à son influence des influences contraires ; en Allemagne, c’est la Prusse. » Il semble que Metternich prévoyait ces admirables instructions. Il se rendait compte que, sur ce chapitre de l’Italie, la France s’entendrait aisément avec la Russie, et qu’il faudrait, pour les diviser, sacrifier Murat aux Bourbons ou la Pologne et la Saxe à la Russie.
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Le prince, écrivait Gentz en 1814, regarde la Porte-Ottomane comme un des contre-poids les plus essentiels dans l’équilibre général de l’Europe... Il défendra les intérêts de la Porte comme les intérêts les plus précieux de l’Autriche elle-même, et, loin de jamais souffrir que la Russie y porte la moindre atteinte, quel que soit d’ailleurs son désir d’assurer une longue paix à l’Europe, il ne craindrait pas de se brouiller avec cette puissance, si un pareil projet pouvait dans aucun temps lui être suggéré par de mauvais conseils.
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« Cet intérêt est permanent, ajoutait-il ; il paraît à l’empereur tellement prononcé, qu’un changement d’attitude politique ne saurait le détruire ou même y porter atteinte ; il est aussi immuable que les sentimens d’amitié et de confiance voués par sa majesté impériale à sa majesté prussienne. » La Prusse savait donc fort bien que l’Autriche ne la troublerait point dans son mouvement tournant ; elle put, en toute sécurité, déchirer son traité d’alliance avec la France et s’allier avec la Russie.
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