Albert Sorel,
Revue des Deux Mondes
“ On peut dire que Berlin était le lieu du monde où l’on admirait le moins le roi de Prusse. L’impatience du joug y refrénait l’enthousiasme. Frédéric était trop craint pour être aimé; son peuple ne le pleura pas. Le grand vide de sa mort parut d’abord une délivrance. Il se produisit à Berlin quelque chose d’analogue à ce que l’on avait vu en France lors de la disparition de Richelieu. Les esprits étaient à la fois inquiets et soulagés. « Tout est morne, rien n’est triste, disait Mirabeau. Tout est occupé, rien n’est affligé. Pas un regret, pas un soupir, pas un éloge! » ”

