Résumé

Portrait de Albert Sorel Albert Sorel La Presse allemande en 1873 à propos de la France

La vie de jouissance, la féodalité industrielle, la fièvre de l’or, la fureur de spéculation, sévissent à Berlin autant qu’à Vienne ; la corruption croissante, l’impudeur dans la vie publique, dans les rues, sur les théâtres, dans la presse, l’esprit de frivolité qui empoisonne le peuple, voilà l’invasion que la France vaincue conduit en Allemagne ; mais nous ne parlons ici que de la mauvaise France. L’esprit français a ses nobles qualités ; il est chevaleresque, il est animé d’une tendance passionnée vers une conception supérieure de la vie.
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Portrait de Albert Sorel Albert Sorel La Presse allemande en 1873 à propos de la France

Elle oublie les cris de haine que provoquait en Allemagne au mois de juillet 1870 le seul nom de l’empereur ; elle efface d’un trait de plume le souverain déchu du nombre des « ennemis héréditaires. » Il y aurait en ceci quelque grandeur d’âme, si l’arrière-pensée n’apparaissait aussitôt. Si l’on élève Napoléon III, c’est pour abaisser la France ; tout ce qu’on raie du compte de l’empire, on le passe à notre compte. Pour beaucoup d’Allemands, Napoléon III était supérieur à la nation qui l’a renversé.
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Portrait de Albert Sorel Albert Sorel La Presse allemande en 1873 à propos de la France

Pour étudier le développement complet de la haine contre un peuple voisin, il faut se tourner vers la France, où l’on voit, ce qui n’est ailleurs le fait que des couches sociales les moins cultivées, la haine internationale se tourner contre chaque membre de la race détestée, où l’Allemand, fût-il en politique l’être le plus inoffensif du monde, n’est pas seulement évité, mais encore exclu de la société. Les Anglais ne sont exposés à rien de pareil en Allemagne. Le mot de haine est trop fort pour caractériser l’éloignement politique qui s’est produit chez nous à leur égard.
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