Résumé

Portrait de Albert Sorel Albert Sorel,  Revue des Deux Mondes

“ Qui pourra désormais parler de l’intégrité de l’Allemagne ! Tout le monde s’indigne de la trahison de l’Autriche ; tout le monde l’accuse d’avoir fait un marché ; et chacun, en se plaignant d’être pris à l’improviste, se met en mesure de faire comme l’Empereur et de réparer le temps perdu. On en a fini de disputer sur les mots. Abandonné par la Prusse, qui s’est assuré son lot à Baie, tout le monde le sait, et par l’Autriche, qui s’est assuré le sien à Campo-Formio, personne n’en doute plus, l’Empire n’a plus qu’à se dévorer soi-même, à faire le lot de la République et à se partager le reste. ”
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Portrait de Albert Sorel Albert Sorel,  Revue des Deux Mondes

“ Si les Anglais l’abandonnent, la France écrase l’Europe, Bonaparte se proclame empereur d’Occident ! Si Bonaparte y laisse les Anglais, c’est la retraite qui commence, et bientôt la déroute de la Révolution : il aura suffi, comme à Saint-Jean-d’Acre, de lui tenir tête pour déshabiller le fantoche et dissiper l’épouvantail ! Le prestige repasse à l’Angleterre, qui paraît se cramponner avec le plus d’acharnement, qui parle avec moins d’emphase, mais avec plus d’autorité. Si l’Angleterre est encore isolée, le continent tourne à la neutralité bienveillante. ”
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Portrait de Albert Sorel Albert Sorel,  Revue des Deux Mondes

“ On peut dire que Berlin était le lieu du monde où l’on admirait le moins le roi de Prusse. L’impatience du joug y refrénait l’enthousiasme. Frédéric était trop craint pour être aimé; son peuple ne le pleura pas. Le grand vide de sa mort parut d’abord une délivrance. Il se produisit à Berlin quelque chose d’analogue à ce que l’on avait vu en France lors de la disparition de Richelieu. Les esprits étaient à la fois inquiets et soulagés. « Tout est morne, rien n’est triste, disait Mirabeau. Tout est occupé, rien n’est affligé. Pas un regret, pas un soupir, pas un éloge! » ”
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