Résumé

Portrait de Albert Sorel Albert Sorel La Prusse et les deux empires

C’était le résultat fatal du système excessif de Napoléon. La monarchie prussienne était discréditée, il lui fit une auréole de martyre ; l’état prussien se désorganisait, il le régénéra ; l’aristocratie s’était corrompue dans le repos et le plaisir, il la força de rentrer en elle-même et de lutter pour l’existence ; la Prusse était un corps sans âme, il lui en rendit une ; l’Allemagne n’avait pas le sentiment de la patrie, il le lui donna. Sa politique imprévoyante et hautaine ne réussit qu’à préparer Waterloo pour lui-même, Sedan pour son neveu.
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Portrait de Albert Sorel Albert Sorel La Prusse et les deux empires

La France révolutionnaire pensait sincèrement qu’elle assurait son indépendance lorsqu’elle étendait sa domination sur les pays voisins, et s’entourait d’un cercle de républiques vassales. La France impériale n’a pas cessé de désirer la paix, de l’attendre et d’y croire, et comme chaque guerre nouvelle lui paraissait entreprise pour la défense de ses droits, elle s’enivrait sans scrupules des triomphes dont la cause lui semblait légitime. L’Allemagne est victime aujourd’hui des mêmes illusions : elle s’est soulevée, elle a combattu pour une grande idée, l’unité.
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Portrait de Albert Sorel Albert Sorel La Prusse et les deux empires

La France, ses orateurs, ses historiens, ses poètes, ont flétri constamment et réprouvé très haut la conduite de Napoléon. Chose étrange, la Prusse, qui en a tant souffert et qui en a tiré de si rudes leçons, ne paraît pas en avoir compris le plus grave enseignement. Elle a retenu pour maudire, mais aussi pour imiter. Elle a eu à son tour des victoires prodigieuses : elle n’a pas évité les excès et les fautes ; mais elle a su attendre en silence, profiter de ses épreuves et réparer ses revers. C’est le grand exemple qu’elle nous donne.
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