Résumé

G. Rothan La Mission de M. de Persigny à Berlin en 1850

Il faut les secouer rudement et leur faire sentir que nous n’avons besoin ni de la Prusse ni de personne, car on s’imagine que nous sommes trop heureux des rapports bienveillans qu’on veut bien entretenir avec nous. Ne s’imaginait-on pas que je serais enivré d’être accrédité ministre à Berlin, que je serais un petit garçon enchanté d’un si grand honneur et dont on pourrait disposer comme d’un pion ! Aussi rien n’égale l’étonnement que fait naître mon attitude, tant on s’attendait peu à mon langage. On s’en montre effrayé ; la crainte est facile à exciter chez les gens que la peur aveugle...
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G. Rothan La Mission de M. de Persigny à Berlin en 1850

On connaissait de reste, à Paris, les préventions de la cour de Prusse ; ce n’était pas pour les relever aigrement que M. de Persigny avait été envoyé à Berlin, mais pour les atténuer par la persuasion de son langage, par l’habileté de sa diplomatie. S’il avait eu l’expérience des cours et le dégagement d’esprit que donne le maniement des affaires, il n’eût pas provoqué à plaisir des discussions oiseuses, déplaisantes, sur la forme de notre gouvernement, dans un milieu où les souvenirs amers du premier empire étaient toujours vivans.
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G. Rothan La Mission de M. de Persigny à Berlin en 1850

Il y a pour votre politique deux choses bien distinctes : la dignité de la France, qui doit passer avant tout, et l’alliance franco-anglo-prussienne ensuite. Vous ne vous expliquez pas, me dites-vous, l’attitude de la Prusse dans la question suisse ; la sottise qu’elle a faite vous paraît si extraordinaire que vous me demandez si je ne me suis pas mépris, ou si elle ne s’est pas laissé prendre dans un piège que lui auraient tendu la Russie et l’Autriche. Détrompez-vous, il n’en est rien : c’est le mauvais esprit de la cour de Charlottenbourg qui a tout fait.
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