M. O. d’Haussonville

Résumé

M. O. d’Haussonville Revue des Deux Mondes

Jamais ville en Europe n’avait à la fois hébergé tant de souverains. C’était un pêle-mêle d’empereurs, de rois et d’altesses couronnées. Toujours actif, de plus en plus pénétré de la grandeur de son rôle, tout plein encore des applaudissemens qu’au printemps il était allé provoquer chez ses alliés d’Angleterre et des ovations que lui avaient décernées ses sujets de Saint-Pétersbourg et de Varsovie, l’empereur Alexandre avait fait à Vienne, le 25 septembre, une sorte d’entrée triomphale, traînant après lui, comme à la remorque, son ami désormais inséparable, le roi Guillaume de Prusse.
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Loin de nous la pensée qu’il n’y eût que de l’égoïsme dans cette manière de voir de Louis XVIII. Pour ce descendant d’une race habituée à se confondre involontairement depuis des siècles avec l’état, ce qui regardait le souverain touchait à l’honneur de la nation elle-même.
Personne ne connaissait mieux que M. de Talleyrand le caractère et les dispositions du roi Louis XVIII. Il n’ignorait pas qu’il avait petite part dans ses bonnes grâces, qu’il lui avait autant déplu que l’empereur Alexandre, et à peu près par les mêmes raisons.
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Sire, la qualification de traître ne peut jamais être donnée à un roi, et il importe qu’elle ne puisse jamais lui être donnée. » J’ai peut-être mis un peu d’expression à cette dernière partie de ma phrase. Après un moment de silence : « Le roi de Prusse, me dit-il, sera roi de Prusse et de Saxe, comme je serai empereur de Russie et roi de Pologne. Les complaisances que la France aura pour moi sur ces deux points seront la mesure de celles que j’aurai moi-même pour elle sur tout ce qui peut l’intéresser. »
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