Résumé

Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…

Il n’y a point de place ici pour les insouciantes légèretés de salon ; ce n’est plus le bal et la comédie, c’est le drame le plus poignant. Vous n’avez plus là des hommes d’état tout heureux d’avoir échappé aux périls passés et méditant des arrangemens commodes pour l’avenir. Non ; la perspective que vont avoir sous les yeux les ministres des affaires étrangères réunis dans la conférence de Paris est celle d’une affreuse guerre dont tous les maux peuvent se réaliser par leur faute, ou qu’il dépend de leur habileté et de leur bon vouloir de prévenir.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…

La France a traité l’Italie en enfant gâté : nous avons droit à une très grande part de sa gratitude. Il y a plus, l’autorité morale de la France est une garantie pour l’Italie, même contre des revers qu’elle aurait imprudemment encourus ; enfin il n’est pas possible que l’Italie obtienne la Vénétie sans le concours de la politique française. Ces considérations interdisent à l’Italie tout mouvement qui pourrait engager la France au-delà de ses intérêts et de ses convenances : un grand pays comme la France répugne à l’idée de se laisser mener par un allié trop peu patient et trop exigeant.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…

Les hommes d’état qui vont se réunir à Paris ont le temps de se représenter les horreurs de la guerre qu’il dépend d’eux de laisser se déchaîner sur l’Europe. Ils peuvent contempler froidement les conséquences des ruines que la guerre doit accomplir dans l’ordre des intérêts économiques, supputer les misères qu’elle imposerait à la masse des travailleurs, évoquer l’image des atroces souffrances, des sauvages supplices qu’une seule journée de bataille infligerait à des milliers de malheureux innocens.
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