Résumé

Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade La Politique française en Italie au xviiie siècle et Charles-Emmanuel III

Les affaires étrangères venaient de passer aux mains d’un homme qui alliait une imagination quelquefois chimérique à un certain sens vigoureux et à une singulière pénétration d’esprit : c’était le marquis d’Argenson, qui se mit dans la tête de pacifier l’Europe et de régler les affaires d’Italie en renouant avec le Piémont. E. d’Argenson partait de cette idée que la grande erreur de la France avait été de se brouiller avec le roi de Sardaigne, qui était le plus utile allié au-delà des Alpes, et qu’on ne s’était aliéné qu’en cédant à l’insatiable ambition de la reine d’Espagne.
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« L’univers entier sait comment la maison d’Autriche abuse depuis longtemps de l’excessive puissance à laquelle elle est parvenue et comment elle cherche sans cesse à s’agrandir aux dépens d’autrui. Non contente d’agir secrètement, elle ne connaît plus de mesure, allant jusqu’à vouloir disposer, selon son bon plaisir, d’états sur lesquels elle n’a pas le moindre droit... » Ainsi parlaient la France et le Piémont en 1733.
Cela dit, l’exclusion de la maison d’Autriche de toute l’Italie devenait l’objet secret et définitif de l’alliance. Le Milanais tout entier reviendrait au roi de Sardaigne
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Qu’est-ce en effet que le XVIIIe siècle pour la France ? Le vivace et puissant mouvement des esprits cache ici les débilités de la politique. À la surface apparaît l’irrésistible travail de toutes les idées philosophiques ; au fond, les institutions s’énervent par les vices et par les abus ; les pouvoirs en viennent aux mains dans de petites luttes où ils se discréditent les uns les autres en attendant de disparaître dans le même abîme. Le libertinage règne en souverain ; la mollesse et l’imprévoyance sont partout dans le gouvernement.
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