“ Plus on est fort quand on n’a point de règle, plus on s’écarte de la vraie voie. Il était comme ce prince des contes de l’enfance qui naît dans un berceau d’or entouré de fées amies. Les fées lui donnent tout, à cet heureux petit prince, tout ce qui peut faire la gloire et le bonheur d’un homme. ”
Petit Prince
Définition et enjeux
Citations sur “Petit Prince”
Hans Christian Andersen,
Le camarade de voyage : Sous le saule…
(1874)
“ Je suis le prince dont tu viens de parler, dit-il. Mais ne te réjouis pas, je ne t'aime plus, je te méprise. Ah ! tu n'as pas voulu d'un honnête prince qui voulait faire de toi la compagne de sa vie; tu n'as pas compris la merveille de la rose et du rossignol, et, pour un jouet, tu as pu condescendre à embrasser un porcher. ”
Émile Vesin, Monsieur le Comte de Chambord et la France à Wiesbaden… (1850)
“ Quand même il ne serait pas prince, il serait remarqué partout comme homme d'intelligence, de distinction et de coeur. Mais, jusque dans les relations du monde, il est vraiment prince. Sa physionomie est toujours calme et cependant toujours animée ! Sa belle et sereine figure est comme le reflet d'une ; âme constamment inspirée par les plus élevés et les plus généreux sentiments. Souvent, dans une conversation sérieuse, il éprouve et il communique une émotion profonde et contenue. ”
Hans Christian Andersen,
Le camarade de voyage : Sous le saule…
(1874)
“ Avant que le soleil paraisse, il faudra que tu en perces le cœur du prince, et, lorsque les gouttes de son sang tout chaud tomberont sur tes pieds, ils se rejoindront et redeviendront une queue de poisson. Tu descendras auprès de nous, tu seras de nouveau une sirène et tu vivras trois cents ans. Mais, hâte-toi! Lui ou toi, l'un de vous doit périr avant le lever du soleil. Notre vieille grand'mère est si désolée à cause de toi, que sa chevelure blanche est tombée. Va tuer le prince, auteur de tout notre chagrin, et reviens auprès de nous. ”
Lucien Perey, Une reine de douze ans, Marie-Louise-Gabrielle de Savoie… (1905)
“ Le petit prince occupe toujours une grande place dans les lettres de sa mère; il se réjouissait fort d'avoir un petit frère qui se divertirait avec lui. Il aimait beaucoup les enfants et ne se souciait point de jouer avec les grandes personnes ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ Le prince y monte avec fierté , Et ne trouve pas moins de gloire A se voit comme amant assis à son côté, Qu à marcher en triomphe après une victoire. La cour les suit, et tous gardent le rang Que leur doune leur charge, ou l'éclat de leur sang, La ville , dans les champs presque toute sortie, Couvroit les plaines d'alentour ; Et, du choix du prince avertie , Avec impatience attendoit son retour. Il paroît, on le joint. Parmi l'épaisse foule Du peuple qui se fend, le char à peine roule ; Par les longs cris de joie à tout coup redoublés ”
Lucien Perey, Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1887)
“ Le petit prince, encore enfant, fut conduit au feu par son père. « Je fis, dit-il, engager un petit combat d’avant poste avec les Prussiens, et m’élançant à cheval avec lui, je pris sa petite main dans la mienne tout en galopant, et, au premier coup de fusil que je fis tirer : « Il serait joli, mon Charles », lui dis-je, « que nous eussions ensemble une petite blessure ». Et il riait, jurait, s’animait et jugeait ! » ”
George Sand,
Théâtre complet de George Sand
“ LE PRINCE. Je le crois au ton dont vous le dites. Mais, une fois pour toutes, chère, je vous demande une chose, une seule : c’est d’avoir en moi la plus entière confiance ; si vous avez en tête quelque petit roman qui vous ait décidée à fuir en ma compagnie, contez-moi ça tout bonnement. Est-ce que vous me prenez pour un grondeur comme votre maestro ? FLORA. Je vous jure que je n’aime et ne veux aimer personne. LE PRINCE. Tiens ! vous êtes comme était la Félisina ! Mais vous ne tiendrez peut-être pas mieux parole qu’elle !... FLORA. Vous croyez qu’une femme ne peut pas vivre sans amour ? ”
Émile Vesin, Monsieur le Comte de Chambord et la France à Wiesbaden… (1850)
“ Le prince a fait le tour du salon comme un homme qui est maître de lui et maître chez lui, en adressant à chacun la parole avec une dignité affectueuse qui répondait parfaitement à l'expression de son visage, sans effort, sans étude, laissant après lui la satisfaction sur le front de tous ; et quand mon tour est venu, je savais d'avance que l'accueil qui me serait fait, tout politique qu'il devait être, ne serait pas plus calculé ni moins irrésistible que celui d'Henri IV, se faisant des amis de ses adversaires dès qu'ils pouvaient le voir et l'entendre. ”
Pacifique Rousselet, Guide descriptif et historique du voyageur à l'église de Brou… (1857)
“ Le prince est environné de six génies de la plus grande beauté. Leur taille est d'environ deux pieds quatre pouces de hauteur, et imite parfaitement la nature : leur petit corps est si tendre, si délicat et si bien formé, leur attitude si bien variée et si naturelle, la douleur si bien exprimée dans leurs yeux et sur leurs visages, qu'on ne peut rien y désirer. Les deux génies qui sont aux pieds soutiennent une table de marbre, où sont les armes du prince; ceux qui sont placés à la tête, sont appuyés sur une autre table, destinée probablement à recevoir son épitaphe. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ Finette, qui vit son persécuteur attentif à regarder, ne perdit point de temps; elle le jeta habilement dans le tonneau, et le fit rouler du haut de la montagne en bas, sans donner au prince le temps de se reconnaître. Après ce coup, elle prit la fuite ; et les officiers du prince, qui avoient vu avec une extrême douleur la manière cruelle dont leur maitre vouloit traiter cette aimable princesse, n'eurent garde de courir après elle pour l'arrêter. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ Le prince au gré de son désir La contemple , et ne peut qu'à peine, En la voyant, reprendre haleine, Tant il est comblé de plaisir. Quels que soient les habits, la beauté du visage, Son beau tour, sa vive blancheur , Ses traits fins, sa jeune fraîcheur Le touchent cent fois davantage ; Mais un certain air de grandeur, Plus encore une sage et modeste pudeur , Des beautés de son ame assuré témoignage , S'emparèrent de tout son cœur. Trois fois , dans la chaleur du feu qui le transporte , Il voulut enfoncer la porte ; ”
Prosper Mérimée,
La passion d'un auteur : réponse à Prosper Mérimée…
(1889)
“ Votre lettre était charmante. Le petit Prince Impérial doit être un enfant délicieux, si même il est parfois plutôt terrible. J'ai ri de bon cœur de la raison pour laquelle il veut saluer le peuple; mais 'j'imagine qu'elle doit causer un sourire, lorsqu'il la donne en public! ”
Edmond About,
Les mariages de Paris
“ Mais c'est lui! répondit Victorine du ton le plus convaincu; soyez sûre qu'il nous a caché son nom et sa naissance. La nature ne se trompe pas au point de donner le visage d'un prince à un malheureux petit sculpteur. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ Le plus content fut l'orateur , Qui, par son discours pathétique, Croyoit d'un si grand bien être l'unique auteur. Qu'il se trouvoit homme de conséquence ! Rien ne peut résister à la grande éloqueuce, Disoit-il sans cesse en son cœur. Le plaisir fut de voir le travail inutile Des belles de toute la ville Pour s'attirer et mériter le choix. Du prince leur seigneur, qu'un air chaste et modeste Charmoit un iquement, et plus que tout le reste , Ainsi qu'il l'avoit dit cent fois. D'habit et de maintien toutes elles changèrent; D'un ton dévot elles toussèrent ; Elles radoucirent leurs voix ”
Gaston Rageot,
La Beauté ; essai d'esthétique historique
(1924)
“ Le prince lui offre de vivre chez lui. Il y est à la fois très à l'aise, très fier, un peu méfiant tout de même, parce qu'il est le fils du pauvre, le petit paysan et l'artisan, encore. plus que l'artiste, chargé des plaisirs du maître. ”
Émile Vesin, Monsieur le Comte de Chambord et la France à Wiesbaden… (1850)
“ Dès qu'il' vous parle, on se sent le coeur remué; quand il tient votre main, on n'est plus à soi, on est à lui. Le soir, le prince a voulu nous recevoir encore. Il s'est approché de chacun d'entre nous en particulier, et nous a adressé des questions bienveillantes et de bonnes et cordiales paroles, de ces paroles que l'on ne saurait oublier. Il est si doux de se sentir aimé par qui l'on aime ! Le lendemain, M. le comte de Chambord nous a invités à aller au spectacle; on jouait les Huguenots. Le prince est venu au second acte, il occupait, une loge d'avant-scène à la gauche des acteurs. ”
Lucien Perey, Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1887)
“ Le prince ne laissait échapper aucune occasion de donner des marques publiques de sa sympathie pour la famille royale. Il assistait un jour à une représentation de Richard Cœur de Lion sur le petit théâtre de Tournai. Le public se composait en grande partie d’émigrés français qui, pleins d’espérances et d’illusions, attendaient l’heure de rentrer dans leur patrie. Le prince ne put entendre sans émotion l’air de : Ô Richard ! ô. mon roi ! l’univers l’abandonne. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ Est-ce vous, mon prince ? lui dit-elle ; vous vous êtes bien fait attendre. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ L infante, qui avoit entendu les tambours et le cri des hérauts d'armes, s'étoit bien doutée que sa bague faisoit ce tintamarre : elle aimoit le prince, et comme le véritable amour est craintif et n'a point de vanité, elle étoit dans la crainte continuelle que quelque dame n'eût le doigt aussi menu que le sien. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ Ce furent le roi et la reine, ainsi que tous les chambellans et les grands de la cour, lorsque de dessous cette peau noire et crasseuse sortit une petite main délicate, blan che et couleur de rose, où la bague s'ajusta sans peine au plus joli petit doigt du monde ; et par un petit mouvement que l'infante se donna, la peau tomba ; elle parut d'une beauté si ravissante, que le prince, tout foible qu'il étoit, se mit à ses genoux et les serra avec une ardeur qui la fit rougir ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ La plus commune opinion étoit qu'un ogre y demeuroit, et que là il emportoit tous les enfants quil pouvoit attraper, pour les pouvoir manger à son aise et sans qu'on pùt le suivre, ayant seul le pouvoir de se faire un passage au travers du bois. Le prince ne savoit qu'en croire, lorsqu'un vieux paysan prit la parole, et dit : Mon prince, il y a plus de cinquante ans que j'ai ouï dire à mon père qu'il y avoit dans ce château une princesse, la plus belle qu'on eût su voir; qu'elle y devoit dormir cent ans, et qu'elle seroil réveillée par le fils d'un roi, à qui elle étoit réservée. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ La chute du prince fit un grand bruit dans le tuyau : d'ailleurs il n'étoit pas éloigné de la chambre de Finette; elle sut aussitôt que son artifice avoit eu tout le succès qu'elle s'étoit promis, et elle en ressentit une joie secrète qui lui fut extrêmement agréable. On ne peut pas décrire le plaisir qu'elle eut de l'entendre barbottcr dans l'égout. Il méritoit bien cette punition, et la princesse avoit raison d'en être satislà it,. Mais sa joie ne l'occupoit pas si fort qu elle ne pensàt plus à ses sœurs. Son premier soin fut de les chercher. ”
Portrait de son altesse le Prince impérial par Ernest Merson (1879)
“ De temps en temps le Prince Impérial va à Londres, confondu parmi les voyageurs du chemin de fer ; le plus souvent il emploie de longues heures à l'étude, consacrant une portion de la matinée à recevoir les -visiteurs qui viennent lui parler de la France, et s'instruisant avec eux des grands intérêts du pays qu'il aime tant et dont les destinées forment l'objet de ses préoccupations constantes. Le Prince est de taille moyenne, plutôt petit que grand. Mince et d'une tournure élégante, le buste un peu long et les épaules bien dessinées, il est nerveux et solide. Il monte supérieurement à cheval ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ Il n'y avoit plus personne qui n'eùt essayé cette bague sans succès, lorsque le prince demanda les cuisinières, les marmi- tonnes, les gardeuses de moutons : on amena tout cela; mais leurs gros doigts rouges et courts ne purent seulement aller par-delà l'ongle. A-t-on fait venir cette Peau d'Ane qui m'a fait un gâteau ces jours derniers? dit le prince. Chacun se prit à rire, et lui dit que non, tant elle étoit sale et crasseuse. Qu'on l'aille chercher tout à l'heure, dit le roi; il ne sera pas dit que j'aie excepté quelqu'un. ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ Prince, lui dit-il, dans le grand âge où vous voyez que je suis, avec très-peu d’espérance de vivre encore long-temps, j’ai le chagrin de n’avoir pas un fils à qui je puisse laisser mon royaume. Le ciel m’a donné seulement une fille unique, d’une beauté qui ne peut pas être mieux assortie qu’avec un prince aussi bien fait, d’une aussi grande naissance, et aussi accompli que vous. ”
Ange Petit, Notes historiques sur l'origine… (1859)
“ Ce prince, voulant pourvoir à l'établissement de son fils et lui donner des dignités et des avantages proportionnés à sa naissance, et considérant que la terre et seigneurie de Damville était une des plus considérables de Normandie, l'érigea de nouveau en duché-pairie, au profit du comte de Toulouse. ”
Charles Perrault,
Contes des fées, par Ch. Perrault…
(1817)
“ La reine dit plusieurs fois à son fils, pour le faire expliquer, qll il falloit se contenter dans la vie mais il n'osa jamais se fier à elle de son secret : il la craignoit, quoiqu'il l'aimât ; car elle étoit de race ogresse , et le roi ne l'avoit épousée qu'à cause de ses grands biens. On disoit même tout bas à la cour, qu'elle avoit les inclinations des ogres, et quen voyant passer de petits enfants, elle avoit toutes les peines du monde à se retenir de se jeter sur eux : ainsi le prince ne voulut jamais rien dire. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et lorsqu’arriva le temps fixé, le roi fit revêtir son fils d’une robe magnifique, le fit asseoir à côté de lui dans un palanquin d’or, porté sur le dos d’un éléphant, et le conduisit en grand cortège au pays de sa future épouse. Et, dans cette circonstance si embarrassante, le jeune prince, qui était intérieurement une princesse, pleurait et riait tour à tour. ”
La poésie à Napoléon III : votes des poètes français (1853)
“ Il eût vivifié la plus humble maison, Sous les abeilles d'or qui semaient son blason. Oui, Prince, tels étaient ses regrets prophétiques. D'autres ont recueilli ses terrestres reliques, Sa croix, ses vêtements, ses armes, ses cheveux ; Vous, son dernier soupir chargé de tant de vœux. C'est à vous de nous rendre, à la tombe ravie, La seconde moitié d'une si belle vie, D'être, non son rival de gloire et de hauteur, Mais, titre non moins beau, son continuateur. Vous avez accepté, Prince ! cet héritage ; Chaque jour qui s'écoule est pour nous un ôtage ”
Émile Monestier, Yvonne ; : Yvonne ; Histoire d'une jeune fille… (1879)
“ Que ce tribut qu'on rend aux traits d'un beau visage De la beauté d'une âme est un clair témoignage, Et qu'il est mal aisé que, sans être amoureux, Un jeune prince soit et grand et généreux. C'est une qualité que j'aime en un monarque : La tendresse du cœur est une grande marque Que d'un prince à votre âge on peut tout présumer, Dès qu'on voit que son âme est capable d'aimer. ”
“ Enfin, pour dire à votre majesté ce que j’en pense, je crois que si quelque prince est capable de bien répondre aux questions de la princesse, c’est celui-là. — Ô docteur ! s’écria le roi, tu me ravis par ce discours : plaise au ciel que ce prince devienne mon gendre. Dès qu’il a paru devant moi, je me suis senti de l’affection pour lui ; puisse t-il être plus heureux que les autres qui sont venus mourir dans cette ville ! ”
Aglaé de Bouconville, Sagesse et bon coeur, ou Science du bien… (1846)
“ « Grand'maman, grand'maman, dit la petite, en accourant de toutes ses forces, le voilà ! le voilà! C'est le Prince, le bon monsieur, les hommes du tableau , la belle voiture que nous avons vue dans la cour de Chantilly. Oh ! c'est le Prince luimême qui me rapporte mon panier, est-il bon !... — Tu vois bien, mon enfant, que les Princes ne sont pas fiers et qu'ils viennent visiter les pauvres. — C'est comme le bon Dieu, dit la petite, qui est toujours avec eux. — Oui, un bon Prince sur la terre est aussi une Providence. » ”
Charles Perrault,
Œuvres choisies de Charles Perrault…
“ Le Prince, avec transport, dans le bois se glissant, Contemple les beautés dont son âme est émue, Mais le bruit qu’il fait en passant De la Belle sur lui fit détourner la vue ; Dès qu’elle se vit aperçue, D’un brillant incarnat la prompte et vive ardeur De son beau teint redoubla la splendeur, Et sur son visage épandue, Y fit triompher la pudeur. Sous le voile innocent de cette honte aimable, Le Prince découvrit une simplicité, Une douceur, une sincérité, Dont il croyait le beau sexe incapable, Et qu’il voit là dans toute leur beauté. ”
