“ Commandeur des croyants, accordez à mes prières la vie d’Aboulfatah. Qu’il vive ! qu’il soit témoin de mon bonheur ! qu’il voie toutes les bontés que vous avez pour moi ; ne sera-t-il pas assez puni ? — Ô trop généreux Aboulcasem ! s’écria l’empereur, que vous méritez bien de régner ? Que les peuples de Basra seront heureux de vous avoir pour roi ! — Seigneur, lui dit le jeune homme, j’ai encore une grâce à vous demander. Donnez au prince Aly ce trône que vous me destinez. Qu’il règne avec la dame qui a eu la générosité de me dérober à la fureur de son père. ”
Résumé
Les Mille et Un Jours, 1919 est un récit qui plonge le lecteur dans un univers oriental, parsemé de palais, de sérails et de figures emblématiques comme le calife, le vizir ou le cadi. À travers des dialogues riches et des situations dramatiques — amour contrarié, révolte contre le destin, ou conflits de pouvoir — l’œuvre explore les enjeux moraux et affectifs de personnages tels que Couloufe, Aboulkasem ou Tourandocte.
Réminiscent des Mille et Une Nuits, elle mêle intrigue politique, passion et fatalisme, dans un style qui célèbre la complexité des relations humaines. Publié en 1919, ce texte s’inscrit dans la tradition des contes arabes, tout en développant une narration introspective et poétique.
Citations de Les Mille et Un Jours, 1919 ()
“ Ô ciel ! m’écriai-je, dois-je me réjouir de rencontrer Zélica ? Mais, que dis-je ? est-ce la retrouver que d’apprendre qu’un puissant roi la tient enfermée dans son sérail ! Si, rebelle à l’amour de Firouzschah, elle ne fait que traîner des jours languissants, quelle douleur pour moi de la voir souffrir ! et si elle est contente de son sort, puis-je l’être du mien ? — Je suis ravie, me dit Calé-Cairi, que vous ayez des sentiments si délicats, la princesse les mérite bien : quoique passionnément aimée du roi de Candahar, elle n’a pu vous oublier ”
“ Adieu, je vais remplir mon destin et porter ma tête au cadi ; pour vous, belle Dilara, vivez et souvenez-vous quelquefois d’un homme qui vous a si tendrement aimée. — Ah ! Couloufe, répondit la dame en fondant en larmes, vous allez mourir, et vous m’exhortez à vivre ! pensez-vous que la vie puisse avoir des charmes pour moi ? Cruel ! tu veux donc que je traîne des jours languissants et déplorables ? Non, non, je veux t’accompagner et descendre avec toi dans le tombeau. Taher, l’odieux Taher, verra périr ce qu’il aime avec ce qu’il hait : Il n’aura pas lieu de se réjouir de ton trépas. ”
