Toussaint, Pestré, d’Alembert

Résumé

Toussaint, Pestré, d’Alembert L’Encyclopédie, 1re éd.

« que la couronne est l’esprit original des dieux vivans ; que la sagesse est l’esprit de l’Esprit ; & que l’intelligence est l’eau qui coule de l’esprit : que s’il y a quelque distinction entre les effets de la sagesse, de l’intelligence, & de la science, cependant il n’y a aucune différence entr’elles ; car la fin est liée avec le commencement, & le commencement avec la fin ». Mais il s’explique lui-même, en comparant cela au feu ou à la flamme qui jette au-dehors plusieurs couleurs différentes, comme autant d’émanations qui ont toutes leur principe & leur racine dans le feu.
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Toussaint, Pestré, d’Alembert L’Encyclopédie, 1re éd.

Enfin Dieu créa les corps qui ne subsistent point par eux-mêmes comme les ames, ni dans un autre sujet, comme les anges. Ils sont composés d’une matiere divisible, changeante ; ils peuvent se détruire, & c’est cette création du monde qu’ils appellent Asiah. Voilà l’idée des Cabalistes, dont le sens est que Dieu a formé différemment les ames, les anges, & les corps ; car pour les émanations, ou le monde Azileutique, ce sont les attributs de la divinité qu’ils habillent en personnes créées, ou des lumieres qui découlent de l’Etre infini.
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Toussaint, Pestré, d’Alembert L’Encyclopédie, 1re éd.

Cependant c’est en ce sens que Spinosa, qui avoit pris ce principe des Cabalistes, combat la création tirée du néant : il demande avec insulte, si on conçoit que la vie puisse sortir de la mort : dire cela, ce seroit regarder les privations comme les causes d’une infinité d’effets ; c’est la même chose que si on disoit, le néant & la privation de l’être sont la cause de l’être. Spinosa & ses maîtres ont raison ; la privation d’une chose n’en est point la cause. Ce ne sont ni les ténebres qui produisent la lumiere, ni la mort qui enfante la vie.
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