Maurice Morus

Définition et enjeux

Nisard Revue des Deux Mondes

L’homme qui, pour une ville de France, aurait fait tomber la tête d’un favori, pour la possession d’une maîtresse ménagerait-il une tête disgraciée ? Au bout de toutes ses perplexités, Morus voyait donc la mort, et tout son être frémissait, car, ainsi qu’il l’avouait lui-même, il aurait eu peur d’une chiquenaude [2] . Cependant l’ardeur de la prière finit par l’endurcir. À force d’exaltation religieuse, il en vint à ne plus craindre la mort ; plus tard, il la désira.
Toutes ses conversations avec ses enfans roulaient sur ce sujet.
Source : Wikisource

Nisard Revue des Deux Mondes

On me pardonnera peut-être ce petit mouvement d’orgueil, orgueil de cœur plutôt que de tête, car j’ai été bien moins heureux de pouvoir contredire avec succès une opinion qui a force de chose jugée que de laver cette noble vie de Morus du crime d’avoir versé le sang.
Morus est un de ces hommes plus solides que brillans, qui frappent l’imagination par une grande unité de caractère. Ils sont faciles à comprendre et à embrasser, parce qu’ils ne varient point, ne flottent point au gré des évènemens, et qu’ils ne se laissent disperser ni par les hommes, ni par les choses.
Source : Wikisource

Nisard Revue des Deux Mondes

Le jeune Morus avait été déclaré membre de cette nation. Érasme, qui le vit à son premier voyage en Angleterre, le reçut prêtre des muses et des lettres sacrées, comme on disait alors. Il ne paraît pas qu’il en fût très vain : la religion avait alors toutes ses pensées.
À vingt ans, les sens commencèrent à parler. Malgré ses habitudes austères, sa pauvreté, son ardeur pour le travail, l’écolier d’Oxford était agité de désirs inconnus : le corps se révoltait contre l’esprit. Morus essaya d’éteindre les sens par toute sorte de mortifications.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature