“ Le feu qui animait le poète a fait de ces métaux divers comme un airain de Corinthe, étrange et indestructible. Si le vrai « peut quelquefois n’être pas vraisemblable, » pourquoi l’invraisemblable ne serait-il pas quelquefois le vrai ? L’esprit ne consent pas à ce qu’une invention poétique qui l’a ému, tout en l’élevant, n’ait pas le caractère de la vérité. Le faux peut émouvoir, témoin un mélodrame ; mais il n’élève pas. Une marque de la présence du vrai, c’est quand ce qui nous touche nous donne de l’estime pour nous-mêmes, et quand nous nous sentons honorés par notre plaisir. ”
Nisard
Élements biographiques
L'auteur Nisard, figure intellectuelle et propriétaire terrienne, s'impose comme un penseur engagé dans une réflexion approfondie sur la nature de la vérité, la moralité humaine et les enjeux religieux.
À travers ses œuvres majeures, notamment Revue des Deux Mondes et Les Grands Sermonnaires français, il explore la tension entre le réel et l'inventé, la dimension éthique des actions, ainsi que la complexité des discours spirituels. Son écriture, à la fois analytique et poétique, interroge les limites du courage, la sincérité des intentions et la force des convictions, illustrant une pensée à la fois rigoureuse et contemplative.
Citations de Nisard
Nisard, Les Grands Sermonnaires français
“ Pour Bourdaloue, Dieu n’est que le premier des dogmes chrétiens et le mystère des mystères. Il y croit de foi, il l’aime d’un amour qui n’ose être tendre, et dans ce double sentiment il fait taire toutes ses pensées. Il ne prend pas plus de libertés avec le Christ, malgré les touchantes invitations que nous fait l’homme-Dieu de venir à lui et de le toucher. Loin d’imiter la sainte familiarité avec laquelle Bossuet parle de Jésus, plus attiré par l’homme qu’intimidé par le Dieu, Bourdaloue a peur de trop voir l’homme dans le Dieu. ”
“ C’est pour toutes ces consciences incertaines, qui adorent la violence et qui lui rendent le culte de la peur, que j’ai osé dire qu’il y a plus de vrai courage, plus de supériorité d’esprit et de cœur, plus de gloire, à résister au droit qu’on a de frapper qu’à frapper sans pitié, à être inconséquent qu’à être logicien, et que du Morus falsifié par l’histoire au Morus de l’Apologie, il n’y a pas moins que la distance d’un homme vulgaire qui a un beau moment à un grand homme. ”
