Résumé

Nisard Les Grands Sermonnaires français

On y donne plus de soins aux mots qu’aux choses, à l’éclat du discours qu’à l’efficacité, et, dans le langage même, à l’harmonie plutôt qu’à la propriété, à ce qui brille qu’à ce qui se grave.
Il y a de tout cela dans Massillon ; mais pour être juste, mettez-y le charme et comme le correctif d’une intention toujours pure, d’une foi sincère, de la raison et de la charité. S’il est rhéteur, c’est que ses procédés sont trop souvent au-dessous de son objet, et ses moyens moins bons que sa volonté.
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Nisard Les Grands Sermonnaires français

Bourdaloue n’use pas même de preuves qui lui soient propres; il ne quitte point l’école d’un pas, et il n’emploie que les raisonnemens consacrés. Et pourtant telle est la simplicité et la profondeur de sa foi, qu’à la longue on se sent touché de respect. Au lieu d’un avocat qui veut nous donner à croire ce qu’il ne croit pas, ou d’un rhéteur qui, dans la cause de la vérité, n’oublie pas les affaires de son esprit, c’est un prêtre qui n’a que la foi du troupeau, un docteur qui a conservé la docilité du disciple. Il n’est ni agité du désir de trop prouver, ni inquiet de prouver trop peu.
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Nisard Les Grands Sermonnaires français

Pour Bourdaloue, Dieu n’est que le premier des dogmes chrétiens et le mystère des mystères. Il y croit de foi, il l’aime d’un amour qui n’ose être tendre, et dans ce double sentiment il fait taire toutes ses pensées. Il ne prend pas plus de libertés avec le Christ, malgré les touchantes invitations que nous fait l’homme-Dieu de venir à lui et de le toucher. Loin d’imiter la sainte familiarité avec laquelle Bossuet parle de Jésus, plus attiré par l’homme qu’intimidé par le Dieu, Bourdaloue a peur de trop voir l’homme dans le Dieu.
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