Résumé

E. Aubry-Vitet Les Sermonnaires du moyen âge

C’est de ces pépinières sacrées que sortent les évêques prédicateurs dont nous venons de citer les noms; c’est dans ces foyers que se perpétue, comme jadis la flamme des vestales, le feu sacré de l’éloquence, et c’est là qu’au XIe siècle, lorsque l’esprit humain se dégage des ruines qui l’étouffaient, les orateurs naissans le retrouvent couvert de cendres, mais brûlant encore. Certes alors l’art oratoire est bien peu de chose; le peu qui en reste, c’est la chaire qui l’a conservé, et c’est la chaire aussi qui le relève et lui redonne la vie.
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E. Aubry-Vitet Les Sermonnaires du moyen âge

Est-ce au XIIe ou au XIIIe siècle au contraire que la philosophie dégénère en subtilités et en niaiseries, que la langue perd sa pureté et son unité, que la veine épique se corrompt et se tarit, que les troubadours au midi, les trouvères au nord, cessent de faire entendre leurs accens? En réalité, c’est au XIIe siècle que le moyen âge sort alerte et vigoureux de ses langes; c’est à la fin du XIIIe siècle que son élan s’arrête, que sa force s’étiole, que sa jeunesse se paralyse, que ses destinées tournent court.
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E. Aubry-Vitet Les Sermonnaires du moyen âge

C’est Jacques de Vitry, le patriarche de Jérusalem, qui prononce en chaire cette virulente diatribe. Il n’est pas seul à combattre la violence et la tyrannie. Les prédicateurs ses contemporains remplissent tous avec la même énergie ce devoir périlleux. Les seigneurs n’entendaient pas toujours raillerie; ils recevaient brutalement les réprimandes, et, comme ils n’étaient pas forts sur l’éloquence, c’était par des violences qu’ils ripostaient aux admonestations. Il est de mode aujourd’hui de représenter l’église au moyen âge comme investie sans conteste d’un suprême pouvoir.
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