Résumé

Pierre de Villiers L'art de prêcher : poëme en quatre chants… (1858)

Donnez-moi des savants, dit-il, et vous verrez Que mes sermons par eux seront fort admirés, Il
Des mauvais orateurs c'est l'ordinaire excuse, Et toujours l'auditeur est celui qu'on accuse.
Mais parlons, cher abbé, parlons de bonne foi ; On ne t'écoute pas, je ne m'en prends qu'à toi.
Oui, renonce au métier, résous-toi de te taire, Si tu n'as pas le don de parler au vulgaire, Car le plus beau sermon est le plus mal prêehé, Quand par les savants seuls on le voit recherché.
Redevable envers tous, tu dois, en homme habile, Aux grands ainsi qu'au peuple annoncer l'Évangile.
Source : Gallica

Pierre de Villiers L'art de prêcher : poëme en quatre chants… (1858)

Voulez-vous que manquant au Carême promis, J'afflige mes parents, j'irrite mes amis, Qui tous avec chaleur ont brigué cette chaire, Et pour me l'obtenir remué ciel et terre?
Ah ! puisqu'elle est à moi, je la veux conserver.
Une chaire n'est pas si facile à trouver.
Je n'ai point, il est vrai, les vertus d'un apôtre, Mais je suis honnête homme, et je vis comme un autre; Tel, qui n'est pas meilleur, voit la foule après lui, Et la vertu n'est pas ce qu'on suit aujourd'hui.
Achève, et puisqu'enfin ta chaire est retenue, Découvre-nous, abbé, ton âme toute nue
Source : Gallica

Pierre de Villiers L'art de prêcher : poëme en quatre chants… (1858)

N'irrite point le mal qu'il faut que tu guérisses ; Ménage son esprit sans ménager ses vices ; Combats-les sans l'aigrir. Le meilleur médecin Au malade irrité parait un assassin.
Mais surtout, cher abbé, si ton zèle s'applique A combattre l'erreur de l'aveugle hérétique, Toujours avec égards apprends à le traiter; Il s'agit de l'instruire et non de l'insulter.
La charité sans fiel s'oppose à l'imposture, Et le zèle chrétien ne vomit point d'injure.
Que jamais dans la chaire on n'entende de toi Que ce qui peut instruire et ranimer la foi.
Source : Gallica

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