Résumé

Nisard Revue des Deux Mondes

C’est pour toutes ces consciences incertaines, qui adorent la violence et qui lui rendent le culte de la peur, que j’ai osé dire qu’il y a plus de vrai courage, plus de supériorité d’esprit et de cœur, plus de gloire, à résister au droit qu’on a de frapper qu’à frapper sans pitié, à être inconséquent qu’à être logicien, et que du Morus falsifié par l’histoire au Morus de l’Apologie, il n’y a pas moins que la distance d’un homme vulgaire qui a un beau moment à un grand homme.
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Nisard Revue des Deux Mondes

Voilà le catholicisme de Morus. Pensez ce que doit être pour lui un hérétique. On tremble que la puissance de vie et de mort ne tombe aux mains d’un chrétien si absolu ! Ajoutez à cette ardeur de croyance la conscience la plus pure qui fut jamais, rien d’humain, rien d’intéressé, rien d’équivoque dans le cœur ; la pureté qui fait accomplir froidement à l’ange des œuvres de colère et de destruction ; un juge intérieur qui absout d’avance et qui rend toute responsabilité facile et sainte, même celle de tuer son semblable !
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Nisard Revue des Deux Mondes

Le feu qui animait le poète a fait de ces métaux divers comme un airain de Corinthe, étrange et indestructible. Si le vrai « peut quelquefois n’être pas vraisemblable, » pourquoi l’invraisemblable ne serait-il pas quelquefois le vrai ? L’esprit ne consent pas à ce qu’une invention poétique qui l’a ému, tout en l’élevant, n’ait pas le caractère de la vérité. Le faux peut émouvoir, témoin un mélodrame ; mais il n’élève pas. Une marque de la présence du vrai, c’est quand ce qui nous touche nous donne de l’estime pour nous-mêmes, et quand nous nous sentons honorés par notre plaisir.
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