“ Corps et cœur, fait et pensée, acte et rêve, tout est matière. Et tout est esprit. Vous le savez, poëtes, qui dans tous les traits de la nature, recueillez des expressions, qui respirez l’âme universelle. Chaque être est une signification, la réalisation d’une idée. L’un est humble et l’autre superbe. Celle-là semble sourire et provoque la tendresse ; celle-ci représente l’innocence ; d’autres la férocité, la tristesse, le deuil. Ici la grandeur et la majesté ont forme visible ”
André Léo
Résumé
André Léo, dans La Libre Pensée, examine la dualité entre matière et esprit, affirmant que tout est à la fois matière et esprit, dans une lutte constante pour l’emprise de l’idéal sur le concret. Ce texte philosophique, publié au XIXe siècle, questionne la nature de la pensée, la spiritualité et l’origine des hiérarchies humaines.
L’auteur, à travers des réflexions sur la dualité des forces universelles, met l’accent sur la nécessité de la liberté intellectuelle et de la pensée critique. « L’esprit est ; puisqu’il est, il est matière, et par conséquent éternel », révèle-t-il, soulignant une unité profonde entre les réalités visibles et invisibles.
Citations de La Libre Pensée (André Léo)
“ L’esprit est ; puisqu’il est, il est matière, et par conséquent éternel. Rien ne peut exister sans forme ; on ne conçoit rien qui n’ait pour point de départ et pour but l’objet. Les identités les plus transcendantes conservent dans l’abstrait des êtres ou des portions d’êtres. Les rêves sont des images ou des lambeaux de réalités ; les mathématiques s’adressent à l’espace et aux quantités. Les sentiments les plus subtils sont des états de l’être, sur lequel ils impriment leur forme ou apparence. Toutes les idéalités ont leurs représentations dans la nature ”
“ Car l’esprit, n’étant pas de ce monde et venant d’en haut n’est pas nécessairement donné à tous par droit de naissance. Il n’est pas humain ; il souffle où il veut. À ceux donc sur lesquels il a soufflé de conduire le reste, vil et matériel troupeau. De là les hiérarchies, l’inégalité, les castes, le sacre et l’onction. De cette conception de dualité, imprimée dans la pensée humaine, découlera la dualité en toutes choses : dualité du devoir et de l’intérêt, du nécessaire et du juste, équivoques fatales, où la conscience s’agite éperdue et le plus souvent succombe. ”
