Auguste de Belloy

Auguste de Belloy

Résumé

Portrait de Auguste de Belloy Auguste de Belloy Orpha

Ma sœur ici ! dit Ruth, que fera la jeunesse,
Si le déclin de l’âge a si peu de sagesse ?
Vous-même, hier encor, vous m’aidiez à bannir
Cet espoir insensé qui vit de souvenir.
Ou les trois messagers que j’envoyai près d’elle
Ne m’ont donné d’Orpha qu’une fausse nouvelle,
Ou, comme ils nous l’ont dit en revenant, ma sœur
Vit pauvre dans Moab, épouse d’un chasseur ;
Voilà pourquoi souvent, riche, heureuse, honorée,
Mon sommeil, dans Juda, rêve une autre contrée.
Que ne puis-je la voir ! que n’ai-je pu, du moins,
De ma sœur plus souvent alléger les besoins !
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Portrait de Auguste de Belloy Auguste de Belloy Orpha

La peau du léopard, sur la terre étendue,
Assurera ses pas, réjouira sa vue,
Jusqu’à l’âge où, grandi, lui-même il lancera
Le lacet qu’en fuyant l’onagre secoûra.
Gloire aux dieux de Moab, ils sont grands, nul mensonge
N’émane d’eux ; hier j’ai connu, par un songe,
Qu’à la neuvième lune un fils naîtrait de moi.
Ainsi parlait Joël, aveugle dans sa foi ;
Mais, dans l’année, Orpha mit au jour une fille.
Rien d’abord ne parut changé dans la famille ;
L’enfant eut nom Jaïd ; l’esclave, dans son sein,
La cachait à Joël, parfois, comme un larcin.
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Portrait de Auguste de Belloy Auguste de Belloy Orpha

Et l’on n’entendit plus que les sanglots d’Orpha.
La noire alors reprit : — Quand vous m’aurez chassée,
Par qui, dans ce logis, serai-je remplacée ?
La veuve est jeune encor, l’enfant qui lui naîtra,
Si la mère vous sert, qui donc le bercera ?
Qui guidera ses pas ? qui tressera ses nattes ?
Qui troquera des peaux pour du fer ou des dattes ?
Quelle autre, répondez, fournira la maison
De maïs, si déjà manque la venaison,
Et si le vent du sud, qui porte les gazelles,
Fait vos nerfs sans vigueur et vos flèches sans ailes.
Le chasseur éclata : — Qui t’a dit de partir ?
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