Résumé

Collectif Revue des colonies

La hache brille... le sang coule... le poignard, fidèle à la main qui le pousse, laboure la poitrine de l’ennemi... Mais pas un cri... pas un mot... pas un souffle ne s’échappe de ces trois bouches d’hommes qui se ruent entre des cadavres comme au sein d’une enivrante orgie... À les voir ainsi, pâles et sanglants, muets et désespérés, on se figure trois fantômes qui se heurtent et s’entre-déchirent au fond d’un tombeau... Cependant Georges est couvert de blessures ; il se soutient à peine... Oh ! c’en est fait de l’intrépide mulâtre ; la hache tranchante se lève sur sa tête...
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Et le mulâtre, les mains jointes, le regard suppliant, se remit à genoux et pleura des flots de larmes...
Alfred détourna la tête...
— Maître... maître... par pitié répondez-moi... oh ! dites que vous voulez qu’elle vive... au nom de Dieu... de votre mère... grâce... miséricorde... et le mulâtre baisait la poussière de ses pieds.
Alfred garda le silence.
— Mais parlez au moins à ce pauvre homme qui vous supplie, reprit-il en sanglotant.
Alfred ne répondit rien.
— Mon Dieu... mon Dieu ! que je suis malheureux... et il se roulait sur le plancher, et s’arrachait les cheveux de désespoir.
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Dix minutes après, la nouvelle esclave d’Alfred monta dans un tombereau qui prit le chemin des guêpes, route assez commode qui mène à ces délicieuses campagnes, groupées autour de Saint-Marc comme de jeunes vierges au pied de l’autel. Une sombre mélancolie enveloppait son âme ; elle pleurait. Le conducteur comprenait trop bien ce qui se passait en elle, pour essayer de la distraire ; mais quand il vit la blanche habitation d’Alfred se dessiner dans le lointain, il se pencha involontairement vers la pauvre infortunée, et d’une voix pleine de larmes, il lui dit :
— Sœur, quel est ton nom ?
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