Résumé

C. Marchal Revue des Deux Mondes

Les armes des Maures sont les mêmes que celles des Européens : obligés de parcourir des espaces immenses suivant leurs projets de guerre ou de commerce, la cavalerie est naturellement l’objet de leur préférence ; aussi la plupart d’entre eux ont-ils des chevaux dont la rapidité à la course est sans égale. Les chameaux portent le bagage, les tentes et les marchandises. C’est également sur le dos de ces animaux qu’ils transportent aux escales ou rendez-vous sur les bords du Sénégal la gomme qu’ils ont recueillie dans les forêts où elle suinte du tronc et des branches du gommier.
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C. Marchal Revue des Deux Mondes

Mais un prince maure est presque un objet de risée pour nos Français de Saint-Louis [3] , qui ne se font pas faute de prodiguer les injures les plus grossières à ces majestés de désert. Sans doute ces princes ne sont pas entourés de faste et chamarrés de cordons ; ils viennent à pied à Saint-Louis, s’asseient dans la rue, et marchandent eux-mêmes les objets qu’ils convoitent ; mais on oublie trop souvent qu’ils ont derrière eux des millions d’hommes qui leur sont attachés par les liens les plus puissans : ceux de la religion et des mœurs.
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C. Marchal Revue des Deux Mondes

Hommes simples et généreux qui n’ont rien à attendre du triomphe, et dont la mort courageuse, toujours ignorée, est comptée pour rien dans la colonie qu’ils défendent.
Biram Touth arriva des premiers à Saint-Louis, à la tête de sa colonne, précédé de tamtams et de griots qui chantaient ses vertus, sa noblesse et son courage. Il portait sur le front le grisgris des combats, couronne de cuir rouge vernissé. Il était suivi d’une double haie de noirs armés de fusils à deux coups, de zagaies et de quelques arcs. Les Maures marchaient au milieu de cette haie, les vieillards en tête
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