Résumé

Portrait de Champfleury Champfleury Balzac, sa méthode de travail

À cet enfant chétif Balzac prodigua ses caresses de plume.
Il jugeait le fond sans importance ; il essaya de le recouvrir de spirituelles broderies. De là des milliers de corrections, des intercalations de feuillets manuscrits, un dénoûment entièrement nouveau, tous les pétards que ce Ruggieri tirait sur ses épreuves, toutes les bombes que l’homme, sans cesse en état de défense, lançait sur les marges pour protéger une œuvre qu’il ne jugeait pas suffisamment défendue.
Sur les épreuves l’écriture s’accentue : plus accusée que dans le manuscrit, elle suit le bouillonnement de la pensée.
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Portrait de Champfleury Champfleury Balzac, sa méthode de travail

Au premier aspect, ce manuscrit n’est pas d’un intérêt considérable : l’écriture manque d’accent et on ne sent pas la maîtrise de la main, inséparable de la maîtrise de la pensée ; mais les premières épreuves révèlent quel coup d’éperon l’écrivain recevait de la typographie. Si l’écriture peut être comparée à l’enfant dans le sein de sa mère, l’imprimerie remplit l’office d’accoucheur. La plupart de ceux dont le métier est de penser ne se jugent nettement qu’à l’impression.
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Portrait de Champfleury Champfleury Balzac, sa méthode de travail

On a conté plaisamment que tout caractère imprimé excitant la verve du conteur, s’il s’agissait dans un atelier de typographes de composer du Balzac, une feuille d’un ouvrage quelconque en train, fût-ce la Bible, était envoyée au romancier et que le résultat définitif était le même ; l’une ou l’autre de ces épreuves revenait avec une égale quantité de corrections. C’est dire qu’il restait à peine quelques mots de la pensée primitive de l’écrivain. Légendes invraisemblables en apparence et pourtant réelles !
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