Résumé

Christine de Pisan Œuvres poétiques de Christine de Pisan

De moy amer ; car mie n’apartient
Que nul amant dame d’amours requiere,
Car de l’amant ce communement vient.
Mais vraiement c’est grant duel s’il avient
Qu’on ait un tel pour ami retenu,
Qui loiaulté ne verité ne tient ;
Ce poise moy quant ce m’est avenu.
Et non obstant qu’a moy pas il n’afiere
D’en plus parler, puis qu’a vous n’en souvient,
Si ne me puis je encor tenir si fiere
Que ne die le dueil qui me survient.
Car le mien cuer pour mal content se tient
De vous trouver de vraye amour si nu,
Dont je voy bien retraire m’en convient ;
Ce poise moy quant ce m’est avenu.
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Christine de Pisan Œuvres poétiques de Christine de Pisan

Qui de mon cuer a nulle heure ne part
Ne dont n’ay bien fors quant je sent l’espart
Par quelque voye,
Ne confortast le mal dont j’ay grant part ;
Mais je ne puis en secret n’en appart
Parier a vous, dont mon cueur de dueil part
Et en plours noyé.
Et doncques las ! dont vendroit reconfort
A mon las cuer qui meurt par amer fort,
Quant ne savez, m’amour, le desconfort
Ou pour vous suis
Ne comment vous aim de tout mon effort ?
Si couvendra que je soie a dur port,
Se vraye amour a qui m’attens au fort
Tost n’euvre l’uys
D’umble pitié ou a secours je fuys
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Christine de Pisan Œuvres poétiques de Christine de Pisan

Notre poète commença donc la composition de ses rondeaux deux ou trois ans seulement après avoir écrit ses premières ballades, et poursuivit la confection de ces jolis morceaux parallèlement à celle des Cent Ballades et de la plupart de ses petites poésies.
Jusqu’au rondeau VIII nous voyons Christine s’abandonner à sa douleur ; mais plus loin, craignant sans doute de fatiguer le lecteur par la monotonie d’un sujet aussi triste, elle fait un effort sur elle-même, et, comme elle l’exprime si bien dans le rondeau XI, il lui faut désormais « de triste cuer chanter joyeusement ».
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