Résumé

Jean-Baptiste Chassignet Le Mespris de la vie et consolation contre la mort

Ore que j'entre en l'age, ou l'Amour flatteresse
Ensorcelle nos sens d'une folle poison,
Et du trac de vertu deplace la raison
L'esclavant sous le joug de la chair tromperesse :
Donne moy ton esprit, qui me serve d'adresse,
Parmi l'obscurité de la sombre prison
De ce cors tenebreus, esteignant le tison
De tant de chaus desir qui bruslent la jeunesse
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Jean-Baptiste Chassignet Le Mespris de la vie et consolation contre la mort

Quant l’homme vient à naistre incontinant il pleure,
Mais la premiere fois que de soy-mesme il sort
Par un ris gracieus, Fauche, cest quand il dort;
Et ne dure sa joye à grand peine un quart d'heure
Las ! si quelque bon-heur au monde nous bien-heure
C'est seulement en songe, au contraire le sort
Et veillant & dormant, nous importune & mort,
Et le bien seulement en ombre nous demeure.
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Jean-Baptiste Chassignet Le Mespris de la vie et consolation contre la mort

L’enfance incontinant meurt devant la jeunesse,
L’adolescence fait la jeunesse mourir,
La virilité fait au monument courir
L’àge d’adolescence, où l’amour nous oppresse,
La virilité cede à la morne vieillesse,
La mort fait le surjon de vieillesse tarir,
Le jour du lendemain, le jour-d'huy fait perir,
Tant la fuitte du tems et la suite se presse.
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