Résumé

Le 4 Septembre aux Tuileries (1871)

Au milieu d'une conversation qui se traînait péniblement sur des banalités, l'Impératrice, rentrée dans son salon, lisait, écrivait, faisait appeler tour à tour l'aidede-camp de service, ou M. Conti, ou une des dames d'honneur, leur parlait à voix basse et signait des ordres.
Les minutes étaient des siècles. Quelques visiteurs entraient, saluaient, et sans émotion apparente nous jetaient à voix basse des demi-mots vite compris. Puis on attendait avec une anxiété déguisée de nouveaux venus pour recevoir d'autres renseignements.
Source : Gallica

Le 4 Septembre aux Tuileries (1871)

L'Empereur était prisonnier de guerre. Aucun de ceux qui l'ont vu, n'oubliera l'aspect de Paris pendant la nuit du 3. La stupeur, l'indignation, la colère gagnaient la capitale. Le ministère, épouvanté, remit la décision au lendemain; mais le lendemain Paris était en proie à une de ces passions qui ne lui permettent guère de réfléchir sur ce qu'il fait, et qui le mènent souvent beaucoup plus loin qu'il ne voudrait aller.
Pendant que l'impressionnabilité de Paris s'exaspérait, — aux Tuileries l'Impératrice retrouvait une grande énergie en face de l'adversité.
Source : Gallica

Le 4 Septembre aux Tuileries (1871)

Il arriva un groupe attardé de serviteurs de l'empire. Enfin, M. Piétri, aussi calme et aussi réservé que d'habitude, qui salua profondément Sa Majesté, — lui dit à peine quelques mots à voix basse et s'éclipsa sur-le-champ.
L'Impératrice fit aussitôt appeler le général Mellinet, qui commandait les troupes chargées de la défense des Tuileries.
— Général, pouvez-vous défendre le château sans faire usage des armes?
— Madame, je ne crois pas.
— Dès lors, dit l'Impératrice, tout est fini. Il ne faut pas ajouter à nos désastres l'horreur de la guerre civile.
Source : Gallica

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