Résumé

M. Guizot Revue des Deux Mondes

Tout ne devait-il pas être oublié, tous ne devaient-ils pas se taire devant le péril de l’empire? L’empire n’était-il pas la révolulution française triomphante? L’égalité, ce premier principe de la révolution, ne régnait-elle pas au sein de l’empire? L’intérêt suprême de la France n’était-il pas de défendre ensemble et à tout prix l’empire et la révolution?
C’est l’illusion commune des hommes qui ont longtemps et fortement possédé le pouvoir d’en venir à le regarder Comme leur droit et leur bien propre, oubliant dans quel intérêt public, dans quelles limites ils l’ont acquis ou reçu.
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M. Guizot Revue des Deux Mondes

Quand l’homme les méconnaît, c’est qu’il se méprend sur lui-même et sur sa place dans l’univers; c’est qu’il oublie Dieu et se croit Dieu. Dans son orgueilleux élan vers son généreux dessein, la génération de 1789 a vécu et agi sous l’empire de cette immense erreur. C’est là le venin qui a si promptement altéré les sources de la révolution française, et mêlé tant de mal à tant d’intentions et d’espérances excellentes. On a coutume d’imputer tout ce mal à la lutte des intérêts opposés et des mauvaises passions mutuelles, aristocratiques ou démocratiques, absolutistes ou radicales.
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L’indépendance nationale, héroïquement défendue, retombait sans cesse en péril. C’était à la fois l’anarchie et la tyrannie, et pas plus de force efficace dans le pouvoir que de liberté sûre pour les citoyens. Bonaparte revint pour devenir rapidement Napoléon, et par lui s’accomplit l’œuvre que la France invoquait vainement depuis la fin de la terreur, la réaction de la révolution par elle-même contre elle-même, c’est-à-dire la consolidation de ses principales conquêtes avec l’abandon de quelques-unes de ses plus légitimes promesses et de ses plus belles espérances.
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