“ Après avoir fait appel à votre moralité et à vos intérêts les plus chers, je vous conjure, pour l’honneur de votre pays (qui est ici fortement engagé) , et au nom de l’humanité, d’écouter ma voix. Aucun préjugé ne vous arrête : vous connaissez l’inanité de notre civilisation, l’insuffisance de notre religion. Beaucoup d’entre vous cherchent vainement, autour d’eux, une doctrine qui soit digne de ce nom. À vous, comme aux femmes, revient le pouvoir modérateur. C’est par votre union spirituelle avec les philosophes sociaux, qu’un tel pouvoir peut être dignement exercé. ”
Richard Congreve
Résumé
« L’Inde » de Richard Congreve, publiée au XIXe siècle, explore les tensions entre la domination occidentale et les civilisations colonisées, en critiquant l’arrogance de l’Europe à imposer sa « civilisation ». L’auteur, influencé par le positivisme d’Auguste Comte, dénonce l’oppression et le désordre de l’Occident, tout en plaidant pour une réorganisation rationnelle des sociétés.
À travers des réflexions sur le catholicisme, le scepticisme et le rôle des croyances, Congreve met en lumière l’insuffisance des doctrines actuelles et appelle à une union spirituelle des philosophes sociaux pour un progrès harmonieux. L’œuvre, à l’intersection de la politique et de la philosophie, questionne l’héritage colonial et la nécessité d’une civilisation plus équilibrée.
Citations de L’Inde (Richard Congreve)
“ En voyant les mêmes hommes, conservateurs en Angleterre, et subversifs aux Indes, on ne peut s’empêcher de penser, que l’égoïsme ne soit, dans les deux cas, leur véritable mobile. Il faut sérieusement éviter toute illusion, sur cette question de civilisation. Les Espagnols jadis, forts de la supériorité de leurs croyances religieuses et de leur civilisation plus avancée, envahirent les empires du Mexique et du Pérou. Ils imposèrent, le fer à la main, leur christianisme et leur ordre social, pour satisfaire aux véritables motifs qui les animaient, la soif de l’or et l’amour de la domination. ”
“ Le catholicisme grec succomba ; et tout ce que le catholicisme romain put faire fut de soutenir une guerre défensive. Aujourd’hui, chacune de ces croyances se prétend en possession exclusive de la vérité ; chacune d’elles est réciproquement rejetée par une partie de l’espèce humaine, et toutes deux subsistent à côté l’une de l’autre, comme pour témoigner de l’exagération de leurs prétentions mutuelles. Si le but que l’on se propose est de répandre la religion et la civilisation, il n’y a que trois manières efficaces de l’atteindre. ”
