Victor de Laprade

Victor de Laprade

Résumé

Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade Frantz, Scènes pastorales

Dieu sème au fond des cœurs le bien qui doit y naître
Dans la saison des morts.
LE SEMEUR
La terre est assez labourée,
Des entrailles du champ ôtez le soc d’airain.
Notre âme est assez déchirée,
Des cœurs qu’il brise encore ôtez le noir chagrin.
Et vous, divin semeur, parcourez la contrée ;
La terre est assez labourée,
Versez, versez à flots les germes du bon grain.
Prêtez au sillon la semence,
Donnez aux morts chéris leur gîte hospitalier.
La vie est là qui recommence.
Ce champ pour une graine en rapporte un millier.
L’hiver, tout va dormir sous un linceul immense
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Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade Frantz, Scènes pastorales

La nature qui t’est bonne,
C’est le champ, non le désert.
I
Vois, par-dessus la haie où chantent les fauvettes,
Dans le foin verdoyant aux teintes violettes,
Cachés jusqu’aux genoux et montant de là-bas,
Les faucheurs, alignés, marchant du même pas.
En cercle, à côté d’eux, frappent les faux tournantes ;
Le fer siffle en rasant les tiges frissonnantes,
Et, dans le vert sillon tracé par les râteaux,
L’herbe épaisse à leurs pieds se couche en tas égaux.
À l’ombre, au bout du pré, chacun souffle à sa guise
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Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade Frantz, Scènes pastorales

Linot, bergeronnette et mésange hardie
Sous les pieds des taureaux courent à l’étourdie,
Voltigent sur leurs fronts, effleurent leur poitrail.
La paix règne entre tous dans ce champ du travail.
Au vent frais de la nuit, le bois prochain frissonne,
Et jette au sillon noir l’or des feuilles d’automne.
La sorbe aux grains ambrés tremble au bout du buisson.
Le seul bruit qui domine est la vieille chanson,
La voix du laboureur, lancée à toute haleine,
Qui plane et qui s’étend jusqu’au bout de la plaine.
CHANT
CHANT DE LABOUR
Plus loin !
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