Abel-François Villemain,
Oraisons funèbres
“ N'est-ce pas là qu'on apprend à faire servir à l'ambition, à la grandeur, à la politique et la vertu et la religion et le nom de Dieu ? La modération que le monde affecte n'étouffe pas les mouvements de la vanité : elle ne sert qu'à les cacher ; et plus elle ménage le dehors, plus elle livre le cœur aux sentiments les plus délicats et les plus dangereux de la fausse gloire. On ne compte plus que soi-même, et on dit au fond de son cœur : Je suis, et il n'y a que moi sur la terre. En cet état, Messieurs, la vie n'est-elle pas un péril ? La mort n'est-elle pas une grâce ? ”
