Antoine Campaux

Noël (1864)

Résumé

Antoine Campaux,  Noël (1864)

“ Comme une idole avec le temps usée, Tu t'en irais parer quelque musée, De tes autels à jamais abattu!
Pour te livrer à prix d'or et te vendre, Judas exprès renaîtrait de sa cendre, Plus hypocrite et louche que jamais, Et, soi disant pour épurer ta gloire Dont s'éblouit le regard de l'Histoire, Du Dieu chez toi voudrait biffer les traits !
Après avoir dit au Christ anathème, Ils ont du Ciel voulu chasser Dieu même. Un homme alors, un fou mordu d'orgueil, Un homme au loin jetant toute vergogne S'est présenté pour faire la besogne, Et t'a promis, Dieu vivant, au cercueil!
”
Source : Gallica

Antoine Campaux,  Noël (1864)

“ Seul, désarmé comme un ange de Dieu,
Ira serein parmi les fusillades,
Et, de son sang teignant les barricades,
De la discorde étouffera le feu ?
A son troupeau qui soudain prenant Jeanne
Fera de l'humble et douce paysanne
Pour sa patrie un saint libérateur?
Qui de Vincent consumant la grande âme
Réchauffera l'Univers à sa flamme ?
Qui jusqu'au ciel égalera son coeur?
Pour nous servir encore de modèle, A nos regards dans une chair mortelle, Du haut des Cieux idéal descendu, Qui devant nous marchera plein de grâce ?
”
Source : Gallica

Antoine Campaux,  Noël (1864)

“ Là se réduit le peuple qui t'adore ! Le reste hélas! indifférent t'ignore, Ou bien te nie et se rit de ta croix ! Assez longtemps de son ombre féconde, Arbre sublime, elle abrita le monde ; Elle n'est plus à leurs yeux qu'un vil bois,
Qu'un tronc pourri jusques dans ses racines,
Qui couvrira demain sous ses ruines
Ce qui lui reste encore de dévots.
Un coup de hache, un dernier, et l'idole
A bas s'écroule avec son auréole,
Sans éveiller de regrets ni d'échos.
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De l'Avenir seule elle ajourne l'heure ! Qu'elle s'abîme et que son culte meure, Inaugurons joyeux un dieu nouveau !
”
Source : Gallica

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