“ La terre étant nécessaire pour point de repos et centre du monde, le feu ne l’est pas moins qu’elle. La terre représente la pesanteur ; le feu représente la légèreté. Entre ces éléments extrêmes, se placent les deux éléments intermédiaires, l’air et l’eau, de poids divers l’un et l’autre, mais tous deux plus lourds que le feu et plus légers que la terre. Le ciel, qui est animé d’un mouvement circulaire, est évidemment sphérique, parce que la sphère est le premier des solides, de même que le cercle est la première des surfaces, la sphère et le cercle pouvant remplir l’espace entier. ”
Aristote
Résumé
Traité du Ciel d'Aristote, rédigé vers 350 av. J.-C., constitue un ouvrage essentiel de cosmologie qui présente sa conception du monde en distinguant deux domaines : le sublunaire, périssable et animé par les quatre éléments (terre, eau, air, feu), et le supralunaire, immuable et fait de quintessence, l'éther.
L'auteur affirme que la Terre occupe le centre de l'univers, immobile et fixe, tout en décrivant les mouvements circulaires éternels des astres. Ce texte, organisé en quatre livres, examine les lois du mouvement, la nature des corps célestes et la sphéricité de la Terre, exerçant une influence durable sur la pensée scientifique et philosophique jusqu'à l'époque moderne.
Citations de Traité du Ciel (Aristote)
“ Il est bien certain que pour observer les faits, les classer et en tirer les lois, l’astronomie n’a aucun besoin de l’intervention divine, non plus qu’aucune autre science. Mais quand elle essaie de remonter jusqu’à la cause première, il faut qu’elle arrive à celle-là, ou qu’elle s’en remette pour l’organisation du monde à l’aveugle hasard, destructeur de l’ordre dans l’univers, et destructeur en outre de l’intelligence même qui l’adore et qui le déifie. Au fond, nier Dieu, nier l’être intelligent, tout puissant, infini, ce ne peut être qu’un préjugé ou une faiblesse. ”
“ La terre est donc comme perdue dans l’univers, si rien jamais pouvait s’y perdre. Sur la LXXXVIII terre, l’homme est encore bien moins qu’elle, comparativement à tout ce qui l’entoure. L’homme est un atome, si l’on veut ; mais c’est cependant cet atome qui comprend et mesure le système du monde, et dont la science est arrivée au point où nous venons de la voir. On reproche à l’homme « de s’être laissé séduire par les illusions des sens et de l’amour-propre, et de s’être regardé longtemps comme le centre du mouvement des astres. » ”
