Résumé

Portrait de Pierre Duhem Pierre Duhem ΣΩΖΕΙΝ ΤΑ ΦΑΙΝΟΜΕΝΑ

Par l’étude de l’étoile qui avait apparu, puis disparu en 1572, Tycho Brahé avait montré que les astres pouvaient, eux aussi, s’engendrer et périr. En découvrant les taches du Soleil et les montagnes de la Lune, Galilée avait achevé de réunir les deux Physiques en une seule science.
Dès lors, lorsqu’un Copernic, lorsqu’un Kepler, lorsqu’un Galilée déclarait que l’Astronomie doit prendre pour hypothèses des propositions dont la vérité soit établie par la Physique, cette affirmation, une en apparence, renfermait en réalité deux propositions bien distinctes.
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Des hypothèses fort différentes peuvent conduire à des conséquences identiques qui sauvent également les apparences. D’ailleurs, ces caractères de l’Astronomie ne doivent pas étonner. Ils marquent simplement que la connaissance de l’homme est bornée et relative, que la science humaine ne saurait rivaliser avec la science divine. Telle est la doctrine de Proclus.
Elle est bien loin, certes, de l’ambitieuse Physique qui, au Περὶ Ούπανοῦ et en la Métaphysique, prétend spéculer si profondément sur l’essence des choses célestes qu’elle parvienne à fixer les principes essentiels de l’Astronomie.
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Les diverses rotations sur des cercles concentriques ou excentriques, sur des épicycles, qu’il faut composer pour obtenir la trajectoire d’un astre errant sont des artifices combinés en vue de sauver les phénomènes à l’aide des hypothèses les plus simples qui se puissent trouver. Mais il faut bien se garder de croire que ces constructions mécaniques aient, dans le Ciel, la moindre réalité. L’orbe de chacun des astres errants est rempli d’une substance fluide qui n’oppose aucune résistance au mouvement des corps qu’elle baigne.
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