Résumé

Portrait de Pierre Duhem Pierre Duhem Revue des Deux Mondes

Les diverses parties, violemment agitées, d’un corps lumineux, du Soleil par exemple, viennent-elles à choquer les parties contiguës du corps qui s’étend entre le Soleil et la Terre ? celles-ci, à leur tour, heurtent leurs voisines, l’ébranlement gagne de proche en proche, et tandis que chacune des parties du corps traversé par la lumière n’a exécuté qu’une très petite excursion, le mouvement lumineux, lui, a atteint les points les plus éloignés du lieu où il est né.
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Si l’état de polarisation d’un rayon, si l’existence d’un plan privilégié attaché à ce rayon, demeuraient inconcevables dans l’optique des ondulations, c’est que, jusque-là, l’optique des ondulations tout entière s’était développée à partir d’une fausse analogie. On avait sans cesse assimilé l’état de l’éther dans un rayon lumineux à l’état de l’air dans un tuyau d’orgue en vibration ; or, dans un semblable tuyau, où chaque particule d’air vibre parallèlement à l’axe du tuyau, comment un plan mené par l’axe du tuyau pourrait-il se distinguer d’un autre plan mené par le même axe ?
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L’éther de Fresnel et ses mouvemens semblent prêts à disparaître ; mais, grâce à eux, l’optique sait que la grandeur représentative du phénomène lumineux est régie par les mêmes équations que les mouvemens transversaux des solides élastiques. Ainsi, sous les théories qui ne s’élèvent que pour être abattues, sous les hypothèses qu’un siècle contemple comme le mécanisme secret et le ressort caché de l’Univers, et que le siècle suivant brise comme des jouets d’enfant, se poursuit le progrès lent, mais incessant, de la physique mathématique.
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