Albert Dufourcq

Résumé

Albert Dufourcq Revue des Deux Mondes

La dynamique était paralysée au berceau par cette étrange idée d’Aristote, que tout mobile est accompagné d’un moteur qui le touche sans se confondre avec lui : le moteur d’une flèche, c’est l’air qu’elle ébranle. Seule, la statique se développait quelque peu : un génie inconnu ébauchait le principe des vitesses virtuelles et tentait de ramener à la loi du levier l’explication de toutes les machines simples, tandis qu’Archimède [287-212] étudiait, en des œuvres immortelles, la notion de centre de gravité, l’équilibre des poids, l’équilibre des liquides et des corps flottans.
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Albert Dufourcq Revue des Deux Mondes

La pesanteur de la terre n’exige plus, comme en la physique d’Aristote, que la terre demeure immobile au centre du monde ; entourée de ses élémens dont les plus légers enveloppent les plus lourds, elle peut se mouvoir dans l’espace à la manière d’une planète ; et, d’autre part, rien n’empêche que chaque planète ne soit formée par une terre grave qu’environnent une eau, un air, un feu analogues aux nôtres. La doctrine nouvelle permet de comparer entre elles la terre et les planètes, ce que la théorie du Lycée interdisait d’une manière rigoureuse.
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Albert Dufourcq Revue des Deux Mondes

Sa mécanique tend à fonder son astronomie ; son incontestable génie mathématique, heureusement servi par l’usage qu’il sait faire d’une puissante lunette afin d’étudier les astres, utilise plusieurs idées très fécondes de l’École parisienne ; mais la dynamique d’Aristote l’entrave trop souvent encore. Il combine avec celle-ci le principe des déplacemens virtuels et la notion d’un impeto proportionnel à la vitesse du mobile ; il sait découvrir que la chute d’un grave est uniformément accélérée, mais ne voit pas quel parti tirer de la théorie de l’impetus pour rendre raison du fait.
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