Auteur : Théorodre de Wyzewa

Résumé

Auteur : Théorodre de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Deux traits, surtout, ressortent de ces chroniques, formant pour ainsi dire le fond séculaire de l’âme siennoise : une gaité et une piété toutes deux constantes, imperturbables, et du reste intimement associées l’une à l’autre. Imprévoyans et vains, querelleurs, batailleurs, aussi prompts à se réconcilier qu’à se brouiller de nouveau, les Siennois n’ont jamais cessé de rire et de s’amuser. La Fonte Gaja, la « gaie fontaine, » le chef-d’œuvre de leur art, est en même temps le symbole de leur vie morale. Ces hommes ingouvernables, ces « anarchistes » du moyen âge, ont toujours été gais.
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Auteur : Théorodre de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Une piété enfantine et une gaîté enfantine : ces deux traits, qui se dégagent de toute l’histoire de Sienne, sont aussi ceux qui constituent l’étonnante et touchante unité de son art. Architecture, sculpture, peinture, tout l’art siennois du XIIIe du XIVe et du XVe siècle, est inspiré d’un même esprit, au point qu’on le croirait sorti tout entier d’un même cerveau et d’un même cœur. Durant trois siècles les maîtres siennois, étrangers au mouvement du reste du monde, ont continué de chanter à la Vierge, en souriant, un naïf cantique d’amour et de reconnaissance.
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Auteur : Théorodre de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Il ne prend point la peine de nous expliquer par où cette âme a toujours différé de celle de Florence, l’éternelle rivale de Sienne, ni d’où lui est venue cette mystérieuse et profonde unité morale qui, aujourd’hui encore, s’exprime pour nous non seulement dans toute l’œuvre des artistes siennois, depuis Duccio et Jacques della Quercia jusqu’à Beccafumi, mais survit, à jamais fraîche, souriante, ingénue, et belle, à l’ombre des vieux murs rouges de la plus admirable des villes.
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