Résumé

Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes T. 7, 1875

Laurent passait sans peine des chants carnavalesques à l’étude de Platon. Après avoir accompli quelque équipée galante, il dissertait avec éloquence sur la vertu ou sur l’immortalité de l’âme. C’est cette souplesse d’intelligence, c’est l’aptitude à tout sentir, à tout comprendre, à tout admirer, qui fit du maître de la république florentine et du politique avisé le protecteur des lettres, des sciences et des arts, le représentant par excellence d’une époque complexe dont il seconda les aspirations avec un zèle et une autorité sans pareils.
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Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes T. 7, 1875

Laurent n’avait guère que vingt ans lorsqu’il alla passer plusieurs jours aux Camaldules avec son frère Julien et plusieurs lettrés de leurs amis, parmi lesquels se trouvait le célèbre architecte Léon-Baptiste Alberti. La messe entendue, l’on gravit les pentes boisées de la montagne et l’on s’assit auprès d’une source, à l’ombre d’un hêtre. La vie active et la vie contemplative furent le sujet d’un long entretien où Laurent démontra qu’elles ne devaient pas s’exclure et qu’il fallait allier aux salutaires méditations qu’inspire la solitude l’accomplissement des devoirs imposés par la société.
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Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes T. 7, 1875

Quelle était cependant en face de Laurent, devenu l’égal d’un roi, l’attitude de la population florentine ? Dans les hautes classes, l’intérêt avait attaché peu à peu au nouveau système de gouvernement ceux même qui regrettaient les anciennes libertés. D’autres, craignant les violences et les hasards d’une révolution, acceptaient en silence, à l’écart des emplois publics, un régime qu’ils réprouvaient. Bon nombre de citoyens subissaient d’ailleurs le prestige d’un homme supérieur auquel leur patrie devait un ascendant incontesté sur les autres états de l’Italie.
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