Résumé

Portrait de Eugène Müntz Eugène Müntz Les précurseurs de la Renaissance (1882)

Les Médicis savaient allier le culte de l'antiquité classique à celui de la tradition chrétienne. Voilà leur crime aux yeux du fanatique écrivain. Ce crime, ils le partageaient avec plus d'une grande famille contemporaine, voire avec plus d'un pape ; il me suffira de citer ici Eugène IV, Nicolas V, Pie II, Paul II. On serait tenté de s'écrier avec un des Pères de l'Église : O crime béni, ô felix culpa ! C'est à lui en effet que la première Renaissance doit ce charme, cette grandeur qui la distinguent de la période suivante.
Source : Gallica

Portrait de Eugène Müntz Eugène Müntz Les précurseurs de la Renaissance (1882)

Mais lorsque l'auteur de tant de merveilles vint à disparaître à son tour, personne, parmi ses concitoyens, n'eut l'idée de consacrer, ne fût-ce que par une simple plaque de marbre, la mémoire du plus grand sculpteur que l'Italie eût vu jusqu'alors. Il est douloureux pour nous d'avoir à enregistrer ce trait de moeurs du XVe siècle : la République vote de superbes mausolées à ses écrivains ; les statues du Dôme, les tombeaux de Léonard Bruni, de Charles Marsuppini, à Santa Croce, deux incomparables chefs-d'oeuvre, proclament encore aujourd'hui sa magnificence.
Source : Gallica

Portrait de Eugène Müntz Eugène Müntz Les précurseurs de la Renaissance (1882)

Mais suivons-le à Rome, pénétrons dans cette chapelle du Vatican, doublement vénérable par le souvenir de son fondateur, le pape Nicolas V, et de son décorateur ; analysons ces fresques de la vie de saint Étienne et de saint Laurent : l'antiquité y célèbre un de ses plus rares triomphes ; celui qui a été le peintre par excellence du christianisme sacrifie sur l'autel du génie grec et romain. La Ville Éternelle, qui, en matière d'art, a accompli tant de miracles, n'en compte assurément pas dont elle ait le droit de se montrer plus fière.
Source : Gallica

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