Gustave Gruyer

Élements biographiques

Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes T. 7, 1875

Laurent n’avait guère que vingt ans lorsqu’il alla passer plusieurs jours aux Camaldules avec son frère Julien et plusieurs lettrés de leurs amis, parmi lesquels se trouvait le célèbre architecte Léon-Baptiste Alberti. La messe entendue, l’on gravit les pentes boisées de la montagne et l’on s’assit auprès d’une source, à l’ombre d’un hêtre. La vie active et la vie contemplative furent le sujet d’un long entretien où Laurent démontra qu’elles ne devaient pas s’exclure et qu’il fallait allier aux salutaires méditations qu’inspire la solitude l’accomplissement des devoirs imposés par la société.
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Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes

L’art s’y montre plein d’une sève généreuse. Rien n’y trahit la contrainte et l’effort. On s’aperçoit que le peintre n’a eu qu’à suivre la pente de ses inclinations et de ses habitudes. L’intérêt qu’il prenait à ses personnages s’est même étendu à leurs costumes. Les fresques du palais de Schifanoia nous montrent ceux que portaient toutes les classes de la société ferraraise, depuis le duc et ses courtisans jusqu’aux fauconniers et aux gens de la campagne, depuis les dames d’un rang élevé jusqu’aux humbles ouvrières, depuis les magistrats et les poètes jusqu’aux marchands et aux artisans.
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Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes T. 7, 1875

Aucune opposition, aucune velléité d’indépendance chez les Florentins, tandis que dans les autres états de l’Italie, à Gênes, à Ferrare, à Milan, la passion de la liberté avait plus d’une fois abouti à des entreprises révolutionnaires, à des meurtres même ; mais le crime est contagieux et provoque d’autres crimes. Au moment où rien ne semblait moins prochain à Florence qu’une explosion de cet esprit d’insurrection et de vengeance, quelques forcenés avaient résolu déjà la mort de Laurent et celle de son frère Julien.
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