Gustave Gruyer

Résumé

Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes

L’art s’y montre plein d’une sève généreuse. Rien n’y trahit la contrainte et l’effort. On s’aperçoit que le peintre n’a eu qu’à suivre la pente de ses inclinations et de ses habitudes. L’intérêt qu’il prenait à ses personnages s’est même étendu à leurs costumes. Les fresques du palais de Schifanoia nous montrent ceux que portaient toutes les classes de la société ferraraise, depuis le duc et ses courtisans jusqu’aux fauconniers et aux gens de la campagne, depuis les dames d’un rang élevé jusqu’aux humbles ouvrières, depuis les magistrats et les poètes jusqu’aux marchands et aux artisans.
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Gustave Gruyer Revue des Deux Mondes

Les yeux sont intelligens et dénotent une bonhomie mêlée de finesse. Quant aux lèvres, elles sont singulièrement minces. Ce qu’il y a de moins bien, c’est la bouche, trop large. De plus, entre le nez et la lèvre, la distance est trop grande. Si le type de Borso est loin d’être irréprochable, l’expression du moins n’a rien que de sympathique.
Quelque intéressantes que soient les fresques dont le premier duc de Ferrare est le héros, il en est quelques-unes de plus attrayantes encore dans la zone supérieure de plusieurs compartimens, surtout dans celle des mois de mars et d’avril.
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Une chose d’abord est certaine, c’est que, s’il y a unité de plan, il y a diversité de style. On ne saurait douter que plusieurs artistes aient coopéré à l’ensemble que l’on a sous les yeux. Comment croire, par exemple, que l’artiste qui a peint les tisseuses soit aussi l’auteur de la scène où Borso, au-dessous du Bélier, accueille la requête d’un de ses plus humbles sujets, que l’homme tenant la clé du printemps et que les figures placées auprès de la Balance soient l’œuvre d’une même main ?
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