Résumé

Louis Étienne Une Autobiographie de Machiavel

En 1518, quand un duc, un vrai duc régnant, fut à la tête du gouvernement de la république, Machiavel redevint l’auteur du Prince, et sans doute plus d’un Florentin comme lui reprit le rêve d’une monarchie unitaire où il l’avait laissé. Depuis ce moment, l’homme politique porta la marque visible et constante de son dévoûment aux Médicis. Combien d’hommes durent suivre le torrent ! Il fallut la guerre déclarée à Charles-Quint par Clément VII, il fallut le sac de Rome et la captivité du pape, la colonne, le pilier unique du pouvoir de la famille régnante, pour remettre Florence en république.
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Louis Étienne Une Autobiographie de Machiavel

II Un goût prononcé pour le paradoxe, un singulier mépris pour l’espèce humaine, des besoins peu conformes à sa position de fortune, voilà donc le caractère de Machiavel. Voyons maintenant quelle a été la carrière d’un tel homme au milieu des circonstances les plus difficiles et les plus impérieuses. Nous trouvons à cet égard, soit dans les documens longtemps inédits, soit dans les recherches nouvelles de l’érudition, soit dans sa correspondance trop négligée, des lumières qui permettent de reconstituer sa biographie et de lire avec certitude sa pensée dans ses œuvres les plus célèbres.
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Il dit « la prudence, » non la justice ou la bonté ; le sens moral n’y gagne rien. La plume de Guichardin a été discrète, et il a conservé un renom de prud’homie et de gravité, ce qui ne l’a pas empêché d’être le tuteur politique du duc Alexandre et de faire l’apologie de ses scélératesses. Machiavel, qui n’a rien fait de semblable, mais qui, fanfaron de perversité dans un siècle mauvais, affecte de dire le secret de tout le monde, Machiavel a donné son nom à l’astuce et au meurtre érigés, non sans vanité, en théorie.
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