Résumé

Charles Coquelin Dictionnaire de l’économie politique

L’économie politique a été un art avant d’être une science, et l’étymologie même de son nom l’indique ; bien plus, avant d’être un art, c’est-à-dire avant d’être formulée en maximes générales et en préceptes, elle a été entre les mains des gouvernants une pratique aveugle. Telle est, du reste, la marche ordinaire des travaux humains. Dans l’ordre logique, la science précède l’art, qui n’est ou ne doit être qu’une déduction de la science ; et l’art précède la pratique, qui ne doit être qu’une application plus ou moins exacte des règles générales de l’art.
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Charles Coquelin Dictionnaire de l’économie politique

C’est en tête de son Traité, et comme titre même à ce Traité, que J.-B. Say a donné sa principale définition de l’économie politique, celle qu’on reproduit le plus souvent. Traité d’économie politique ou simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses. Quoi qu’on puisse penser de cette formule, elle est au moins fort supérieure à celle d’Adam Smith, en cela surtout qu’elle donne l’idée d’une véritable science, et non plus seulement d’un art, puisqu’elle annonce un exposé ou une explication de certains phénomènes offerts à notre observation.
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Charles Coquelin Dictionnaire de l’économie politique

Là, c’est la pratique qui précède l’art, et l’art qui précède la science. Cela est vrai de presque toutes les branches de nos connaissances, et particulièrement de celles qui nous intéressent le plus. Pressé d’agir, parce qu’il a besoin d’agir, l’homme va d’abord droit à l’action, à la pratique, sans trop raisonner ce qu’il fait et sans autre guide que son instinct. C’est plus tard seulement que, redressant et corrigeant, à l’aide d’un peu d’expérience acquise, les erreurs de cette pratique, il se fait des règles ou des maximes générales qu’il érige en art
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