Résumé

H. Pirenne Villes, marchés et marchands au moyen âge

Suivant lui, il n’y a pas eu alors de marchands de profession. Chacun est marchand en tant qu’il fréquente le marché local, mais cette fréquentation du marché pour chacun est passagère et intermittente. Le mot mercator désigne des vendeurs et des acheteurs, non des marchands dans le sens actuel et technique du mot, et c’est une erreur complète que de voir dans les premières bourgeoisies du moyen âge des groupes de commerçants.
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H. Pirenne Villes, marchés et marchands au moyen âge

Il la considère, en effet, avec M. Keutgen, comme identique à la paix, dont on constate l’existence dès le xe siècle dans les burgen féodaux ou épiscopaux de l’Allemagne. Contenue tout d’abord dans les murs du bourg, cette paix se serait postérieurement étendue au faubourg : elle n’y serait pas née. Plus heureuse que le Hofrecht, qui est resté confiné dans l’enceinte des forteresses primitives, elle aurait fait la conquête de l’agglomération marchande, de sorte que, si dans la ville le droit civil provient du jus mercatorum, il en serait tout autrement du droit pénal.
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H. Pirenne Villes, marchés et marchands au moyen âge

Dans ce pays essentiellement urbain, on voit avec une netteté parfaite les villes naître dans les endroits vers lesquels se dirige naturellement le commerce. Elles sont, dans toute la force du terme, des colonies de marchands.
Est-il possible, toutefois, qu’il ait existé au haut moyen âge des colonies de marchands ? D’après une des principales autorités de ce temps en matière d’histoire économique, M. K. Bücher, on ne peut admettre, avant la période moderne, l’existence d’une classe d’hommes vivant exclusivement de vente et d’achat, c’est-à-dire d’une classe de marchands proprement dits [9] .
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