Henry Berthoud

Résumé

Henry Berthoud Revue des Deux Mondes

Voilà les traces de ce qu’elle a souffert pour lui, car elle a bien souffert, souffert autant qu’une femme peut souffrir : désespoir, angoisses, opprobre, et tout cela par amour pour lui.
Dans ses bras ! dans ses bras ! il faut qu’il la presse dans ses bras !
Ses lèvres froides ! ses yeux fixes !
Morte !
— L’infortuné ! s’écria Tréa, vivement émue par ce récit.
— Oh ! oui, bien infortuné, reprit Sidney, bien infortuné ! car après dix ans de désespoir, il croyait son âme brisée à tout jamais et incapable d’amour : à présent le malheureux en aime une autre... un ange, comme elle.
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Henry Berthoud Revue des Deux Mondes

Le caractère de sir Edward était empreint d’une espèce d’exaltation qui, bien loin d’être incompatible avec le désenchantement et l’expérience, en est, plus souvent qu’on ne le croit, sinon la conséquence, du moins la compagne.
Éperdument épris de la grâce et de l’esprit naïf de Tréa, il s’était bien promis la veille que cette charmante créature lui appartiendrait. Riche, puissant, habitué à satisfaire ses moindres caprices, le départ de Paul le servit à merveille.
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Pourquoi ce regard fixe et satanique, cette horrible convulsion, cette bouche béante de vampire qu’elle a vue un soir, cette blessure mortelle guérie miraculeusement ?... Pourquoi cette vie cachée ? Sans être superstitieuse, Tréa ne peut s’empêcher de croire à quelque chose de surnaturel.
Mais advienne que pourra !... Voilà trop de désespoir, trop de doute, trop d’angoisses. Elle est son épouse, elle a le droit de pénétrer là où peut-être on outrage le titre sacré qu’elle tient du ciel et des lois.
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