Résumé

Imbert de Saint-Amand Essais et Notices. — Mme Du Deffand et la nouvelle publication de sa correspondance

« Qu’importe d’être vieille, d’être aveugle ? s’écrie-t-elle. Qu’importe le lieu qu’on habite ? Quand l’âme est fortement occupée, il ne lui manque rien que l’objet qui l’occupe... » Ah ! si la parole de La Rochefoucauld était vraie, s’il était exact que, le plaisir de l’amour étant d’aimer, l’on soit plus heureux par la passion que l’on a que par celle que l’on donne, Mme Du Deffand connaîtrait enfin le bonheur. Elle qui ne se voit pas dans son miroir, elle peut se faire illusion à elle-même. Un rajeunissement pareil à celui de Faust vient de s’opérer dans cette âme flétrie.
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Imbert de Saint-Amand Essais et Notices. — Mme Du Deffand et la nouvelle publication de sa correspondance

C’est que Voltaire, malgré tout son esprit, n’avait jamais pu guérir la plaie incurable de l’âme de Mme Du Deffand, sa grande et perpétuelle souffrance, l’ennui. Bien avant l’heure de sa vieillesse et de sa cécité, elle était désabusée de toute chose. Cette femme si occupée de toutes les petites misères et de toutes les petites vanités de la vie du monde n’en a pas moins des accens d’une tristesse amère. « On est tout en vie, s’écrie-t-elle, et on éprouve le néant. »
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Imbert de Saint-Amand Essais et Notices. — Mme Du Deffand et la nouvelle publication de sa correspondance

La parole de Mme Du Deffand rappelle ces vers d’un poète dont le rire se changea vite en larmes, mais qui au moins ne supporta pas longtemps le fardeau d’une existence désenchantée. Triste est le destin de ces âmes vives et inquiètes quand elles dépensent mal les trésors de leur sensibilité. En vain, elles qui ont besoin de la vie du cœur, essaient-elles de ne vivre que de la vie de l’esprit, en vain veulent-elles chercher dans l’ironie et le sarcasme un préservatif contre les rêves de leur imagination.
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