Résumé

Portrait de Jacques Copeau Jacques Copeau La Nouvelle Revue Française

Suarès a tout pénétré par une faculté moins fixe et moins froide que l’intelligence, plus clairvoyante que l’instinct. Sa découverte lui reste intérieure. Et l’émotion nous est ménagée de la redécouvrir en lui. Il a tout ravi à lui par l’appréhension de l’amour, par la force du cœur. Et c’est son cœur qu’il nous livre, outré de plénitude, gonflé d’une double connaissance et d’un double mystère.
« Le cœur est le moyen et il est le lieu. »
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Dostoïevski est, ainsi, le mieux destiné des hommes à la connaissance ; le plus libre, étant le plus sacrifié. Il est précipité, d’une chute sans fin, d’une poussée sans merci, et il ne trouve en lui de force que pour l’aggraver. Il n’est jamais au bout de son élan, de sa dépense ; car la vie renouvelle, avec une perfide prodigalité, ses ressources intérieures. Toutes les formes de la vie, tous les drames, se rencontrent en lui, le traversent, le transpercent.
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Incompréhensible à ceux qui cherchent le bonheur ; inutilisable à ceux qui font des lois, tracent des plans et des limites, combinent des solutions ; ce créateur n’a point affaire de diriger la vie. C’est assez qu’elle lui soit donnée. Il se passe d’une raison plus affermie qui l’aidât à dominer, ou simplement à comprendre, — lui dont la vocation est de servir, et de subir. Et il ne lui appartient pas non plus de décider ce qui, dans l’homme, doit être dédaigné, ou réprimé, ou méconnu. « Entre les plus intenses, homme insatiable de sentir l’homme vivant. »
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