Résumé

Portrait de Jules Lachelier Jules Lachelier Du fondement de l’induction

Est-ce l’expérience universelle ou serait-ce par hasard une induction antérieure à celle qu’il s’agit d’expliquer ? Non, répond Royer-Collard, c’est notre nature elle-même. Il est difficile d’imaginer une confusion d’idées plus complète. Notre nature ne peut pas nous instruire à priori d’un fait d’expérience : or, en dehors de l’expérience et des faits, il n’y a pour nous que des vérités de raison, dont l’opposé est absolument impossible : un jugement qui n’est pas empirique, sans être cependant nécessaire, est donc un véritable monstre, qui n’a point de place dans l’intelligence humaine.
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Jusqu’ici nous nous sommes bornés à chereher le principe en vertu duquel nous passons de la connaissance des faits à celle des lois : maintenant que nous croyons l’avoir trouvé, il s’agit d’établir que ce principe n’est pas une illusion et peut nous conduire à une véritable connaissance de la nature : il faut, en un mot, qu’à la constatation du fait succède la démonstration du droit.
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Ainsi, de l’aveu même d’Aristote, nous ne concluons pas des individus à l’espèce, mais nous voyous l’espèce dans chaque individu ; la loi n’est pas pour nous le contenu logique du fait, mais le fait lui-même, saisi dans son essence et sous la forme de l’universalité. L’opinion d’Aristote sur le passage du fait à la loi, c’est-à-dire sur l’essence même de l’induction, est donc directement opposée à celle que l’on est tenté de lui attribuer.
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